À PEINE l’arbitrage administratif tombé sur la fermeture du service d’accueil des urgences de l’Hôtel-Dieu à partir du 4 novembre, les politiques se sont précipités au chevet des urgences du plus vieil hôpital parisien, en face de Notre-Dame.
Anne Hidalgo, première adjointe (PS) au maire de Paris, et Christophe Girard, maire (PS) du 4e arrondissement, ont visité ce service emblématique et clamé leur soutien aux urgentistes. Le lendemain, c’était au tour de Nathalie Kosciusko-Morizet de rencontrer quelques membres de l’équipe au café du coin, en présence de Vincent Roger, chef de file UMP du 4e arrondissement.
Pour la favorite des primaires à droite, l’histoire est écrite d’avance. « Il n’y aura pas de fermeture claire des urgences de l’Hôtel-Dieu avant les élections, affirme-t-elle. Anne Hidalgo [candidate PS à la mairie de Paris] va monter au créneau et obtenir un report, mais derrière, la machine est en marche. Et les urgences fermeront juste après » mars 2014. Sa position sur ce sujet sensible ? « Je suis contre l’arrêt des urgences. Il faut trouver un projet alternatif ».
La Commission médicale d’établissement (CME) de l’AP-HP rappelle de son côté qu’elle a validé cet hiver la fermeture des urgences de l’Hôtel-Dieu. Certains praticiens jugent toutefois aberrante la restructuration en marche et font signer une pétition. Mais le débat échappe aux médecins. Et les passes d’armes politiques pleuvent, à dix mois des municipales.
Les socialistes sommés d’adopter une ligne claire.
Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, c’est simple : le projet de nouvel Hôtel-Dieu (un hôpital sans lit tourné vers l’ambulatoire, l’enseignement et l’épidémiologie, et où le siège de l’AP-HP prendrait ses quartiers) ne tient pas. « L’absorption des 45 000 urgences de l’Hôtel-Dieu posera problème, et le projet n’est pas équilibré financièrement », résume l’ancienne ministre.
C’est pourtant bien la droite qui avait placé Mireille Faugère à la tête de l’AP-HP en 2010. Mais cette même droite a aussi « mis 5 millions d’euros sur les urgences de l’Hôtel-Dieu », nuance Vincent Roger, élu UMP du 4e arrondissement. « Fermer des services tout juste rénovés, ce n’est pas de la bonne gestion », renchérit NKM.
L’urgentiste Gérald Kierzek, fervent opposant au projet, reproche au PS son absence de ligne politique claire. « Personne n’assume que l’objectif est de mettre une administration à la place d’un hôpital », dit-il. Le pourrissement est redouté. « Si les services et les professionnels partent un à un, il ne restera qu’une coquille vide », anticipe ainsi Guillaume Gandoin, infirmier urgentiste.
Pour Kosciusko-Morizet, l’homme clé du dossier, c’est Jean-Marie Le Guen. Le député PS de Paris - également président du conseil de surveillance de l’AP-HP - se serait vu promettre le ministère de la Santé en juin prochain. Lui ne s’est pas opposé au projet de nouvel Hôtel-Dieu... Y aurait-il une fracture à gauche ? NKM préfère parler de manipulation et d’hypocrisie. « Le double discours n’est pas acceptable », lance-t-elle.
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