NOUVELLE INTERPRÉTATION pour le panneau « Hôpital Silence » : depuis plusieurs mois, le gouvernement est muet sur le dossier de l’hôpital. Le « silence » est assourdissant. Jeudi dernier, sur TF1, pas un mot du président de la République pour l’institution. Dans la proposition de loi dit « Fourcade » (« le Quotidien » d’hier), dont l’objectif est tout de même de « modifier certaines dispositions de la loi (...) portant réforme de l’hôpital et retative aux patients, à la santé et aux territoires », rien ou presque : exception faite d’un chapitre facilitant la création de fondations hospitalières, le texte qu’examineront les sénateurs jeudi prochain renvoie noir sur blanc toute autre question relative « à la modernisation des établissements de santé » au... 21 juillet, date anniversaire (2 ans) de la loi HPST – et date butoir pour la remise du rapport d’évaluation du comité de suivi de cette loi. À y perdre son latin !
Pas de parole publique, donc. Et pas de réponse quand les professionnels toquent à la porte du gouvernement. Les interrogations des médecins sur l’attractivité de carrière, leur retraite... restent lettre morte. Celles des directeurs qui cherchent leurs marques face aux agences régionales de santé (ARS) et mesurent à tâtons leurs nouvelles responsabilités tout autant. Le spectre de freins à l’activité inquiète. En mal d’écoute, chacun réagit à sa manière. Il y a ceux qui, à l’instar de la présidente de l’Intersyndicat national des praticiens hospitaliers (lire ci-dessous), se placent déjà dans la perspective de 2012. Il y a ceux qui, moins fatalistes, ne désespèrent pas de voir le gouvernement revoir ses priorités : ainsi, l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF) lui demande une nouvelle fois d’« engager un débat avec les représentants de la collectivité hospitalière pour faire un premier bilan de la loi [HPST] et discuter des modifications et évolutions nécessaires ». Il y a ceux qui, avec régularité, alertent. Reçu jeudi dernier par le ministre du Travail et de la Santé, le patron de la CFDT, accompagné pour l’occasion de la secrétaire générale sociaux-santé du syndicat, Nathalie Cagnieux, a fait part à Xavier Bertrand de « la situation toujours critique » dans les hôpitaux publics, « secteur qui souffre le plus ». François Chérèque a fait valoir qu’« il y a des tensions énormes à l’hôpital, en termes d’organisation, de conditions de travail, d’effectifs » et que cela engendre « des risques sociaux ».
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