L’ASSOCIATION des médecins urgentistes de France (AMUF) et la Confédération des praticiens des hôpitaux (CPH) partent en campagne contre « le harcèlement et les risques suicidaires » à l’hôpital. Par voix d’affichage, les deux organisations, qui constatent une « dégradation (...) des conditions de travail des professionnels de santé face aux difficultés sociales de leurs patients et leurs familles », refusent que les médecins deviennent « les boucs émissaires des difficultés » dans lesquelles, selon eux, la loi HPST a plongé l’hôpital. « Nous lançons cette campagne afin d’informer nos confrères qu’ils ne sont pas seuls », explique l’AMUF.
« Nous voulons provoquer une prise de conscience, précise son président, le Dr Patrick Pelloux. On ne peut pas soigner bien les gens si les médecins ne sont pas en forme. Nous disons aux médecins : " Si ça ne va pas – et de fait, cela va de moins en moins bien puisqu’on nous pousse tous à un productivisme insensé –, vous ne vous tuez pas, vous ne vous auto-traitez pas, vous ne prenez pas vos antidépresseurs dans votre coin. Vous en parlez et vous allez voir un psychiatre " » Face aux chiffres inquiétants du burn out à l’hôpital (voir l’enquête SESMAT), l’AMUF et la CPH ne veulent pas que les choses restent en l’état. « Aujourd’hui, quand PH, un interne ou un chef de clinique se suicide, personne n’analyse ce qui s’est passé, il n’y a aucune enquête », regrette le Dr Pelloux qui renvoie les pouvoirs publics à leur propre logique : « Le ministère a édité un prospectus pour lutter contre le harcèlement moral. Utilisons-le ! »
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