Entretien avec le président de la CME de l’AP-HP

Le Pr Capron, une voix forte pour les médecins du premier CHU de France 

Publié le 23/01/2012
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Crédit photo : S TOUBON

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Crédit photo : S TOUBON

LA RENCONTRE se déroule au siège de l’AP-HP, avenue Victoria, à côté de la mairie de Paris.

Le Pr Loïc Capron y a pris ses quartiers au lendemain de son élection à la tête de la CME (Commission médicale d’établissement). Il veut être un président « à temps plein ». Une façon de se démarquer de son prédécesseur, le Pr Pierre Coriat, qui avait gardé un pied à la Pitié-Salpêtrière.

La lutte entre les deux hommes n’a pas été tendre ces derniers mois. Deux personnalités, deux visions pour le premier CHU de France et même d’Europe (6,7 milliards d’euros de budget annuel, 90 000 personnes dont 22 000 médecins). Le Pr Coriat n’a pas été reconduit. Le nouvel élu, âgé de 62 ans, a fait toute sa carrière à l’Assistance publique. À 45 ans, il était un spécialiste reconnu de l’athérosclérose, « un sujet intéressant mais les relations avec l’industrie étaient compliquées ». C’est alors qu’il opère un virage stratégique, tourne le dos à la médecine vasculaire, et se fait l’apôtre de la médecine d’aval des urgences. Chef de service à l’Hôtel-Dieu puis à Pompidou. Parallèlement, il entre au Syndicat des médecins des hôpitaux de Paris, en gravit un à un les échelons, jusqu’à la présidence, en 2007. La même année, il est élu membre de la CME, et décide de finir sa carrière en s’intéressant à l’avenir de l’AP-HP.

Sa touche personnelle ? La communication. « Après chaque réunion de la CME, relate-t-il, j’envoyais un petit bulletin par mail aux médecins des hôpitaux, avec cette conviction que l’information, c’est la clé de la liberté et de la bonne décision. Tout le monde sait que l’illettrisme fait le lit des tyrannies. L’absence d’information, c’est pareil ».

La direction générale de l’AP-HP n’avait pas vraiment anticipé l’élection du Pr Capron. Elle doit s’accommoder du nouveau venu, et prendre en compte le profond remaniement de la CME, qui compte 79 membres. L’urgentiste Patrick Pelloux y a fait son entrée, de même qu’un petit groupe de médecins très actifs au sein du mouvement de défense de l’hôpital public, emmené par Anne Gervais, élue présidente de la commission des finances. Incontestablement, la donne a changé.

D.CH

Source : Le Quotidien du Médecin: 9070