À L’INSTIGATION des deux principaux syndicats de personnels de l’hôpital public, la CGT et la CFDT, mardi dernier a été baptisée « 22 de tension, une journée pour tout dire ». Grèves, rassemblements, pique-niques, prises de parole étaient au programme dans toute la France, l’idée étant que les hospitaliers « s’expriment sur ce qu’ils vivent au quotidien, sur la difficulté à exercer leur métier correctement, sur la maltraitance dans les maisons de retraite », résumait la secrétaire générale de la Fédération santé-sociaux de la CFDT, Nathalie Canieux. En Auvergne, par exemple, des manifestants se sont rendus sous les fenêtres de l’agence régionale de santé (ARS), une délégation de personnels mécontents de l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille a été reçue par la direction du CHU, une centaine d’agents ont manifesté dans les rues de Quimper...
La CFDT dénonce un « niveau de tension extrême » à l’hôpital public, chiffres à l’appui. Selon une enquête menée par ses soins (à laquelle 37 796 personnes ont répondu), 93 % des hospitaliers trouvent leur travail stressant et 71 % estiment qu’il a un effet négatif sur leur santé ; 83 % des agents ne se sentent pas reconnus et 67 % souhaitent une réorganisation de leur travail « trop déstructuré » pour être conciliable avec leur vie de famille.
« Nous sommes dans une situation de réformes et de restructurations permanentes avec une diminution des personnels », indique pour sa part la secrétaire générale de la fédération santé de la CGT, Nadine Prigent. La CGT reprend à son compte les statistiques faisant état de la disparition de 9 800 emplois à l’hôpital en 2009 (« le Quotidien » du 15 mars) et les projections de la Fédération hospitalière de France (FHF) selon lesquelles 10 000 autres postes ont été effacés en 2010 et 15 000 le seront en 2011. Au total, le syndicat met en balance les « 35 000 emplois » ainsi supprimés en trois ans et la hausse « de 13 % » de l’activité observée sur la même période. « Les conditions de travail ne sont plus supportables, elles créent des fuites professionnelles jusque dans les instituts de formation infirmiers ! constate Nadine Prigent. Les élèves infirmières ne vont pas au bout de leurs études parce qu’elles découvrent, dans leurs stages, des situations de travail très difficiles. »
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