Tout a commencé par de l’exaspération. Au début de l’année, les syndicats de praticiens hospitaliers (Snam-HP, INPH, Jeunes Médecins, CPH, APH, CMH, Amuf) dénoncent un gouvernement qui, selon eux, « ne tient pas ses engagements ».
Malgré des crédits votés pour 2024 et 2025, la revalorisation des astreintes dans le cadre de la permanence des soins en établissement (PDSES) ne prend toujours pas forme. Trop, c’est trop : les PH appellent à une grève illimitée de la PDSES à compter du 1er mai. Le rapport de force s’intensifie. Fin avril, un protocole d’accord est signé. En échange de revalorisations transitoires entre juillet et octobre, les organisations lèvent leur préavis. Le 9 juillet, deux arrêtés actent la revalorisation temporaire et fixent les bases d’une généralisation de la forfaitisation à partir du 1er novembre.
Mais les tensions ne disparaissent pas pour autant. Dès l’été, APH accuse certaines directions de « ne pas jouer le jeu » et de retarder l’application des mesures transitoires. Sur le terrain, des pratiques hétérogènes apparaissent, parfois défavorables aux médecins.
Une mesure d’équité ?
Ces désagréments perdurent avec la nouvelle formule. Auparavant, les établissements étaient libres de tarifer selon deux modalités : une indemnité à deux niveaux (un forfait de base et une indemnisation au réel des déplacements survenus au cours de l’astreinte) et une indemnisation 100 % forfaitisée. La réforme généralise la forfaitisation pour les PH comme pour les HU, avec un montant compris entre 70 et 280 euros par nuit ou deux demi-journées. Ce cadre unique laisse aux établissements une marge de négociation selon la pénibilité, l’intensité et la complexité de l’astreinte.
Présentée comme une mesure d’équité et de simplification, la réforme inquiète toutefois les hospitalo-universitaires, qui redoutent d’être pénalisés. Et si certains établissements ont revalorisé franchement les forfaits, d’autres ont opté pour un nivellement par le bas, dénoncent plusieurs syndicats. La bataille des astreintes est loin d’être close.
Médico-social : l’ex-groupe Avec en voie de reprise, les 4 500 emplois devraient être sauvés
Dans le Maine-et-Loire, la dynamique du CH de Lys-Hyrôme portée par la labellisation
Caroline Janvier (ARS Centre-Val de Loire) : « Le label France Santé est aussi utile pour les médecins que pour les patients »
Hôpitaux de proximité : la labellisation, et demain ?