Concilier la spécialité de ses rêves et la ville de son choix n’est pas toujours facile ! Et pourtant, il faut bien se décider, quand on se retrouve devant le site du Centre national de gestion (CNG).
« Beaucoup d’étudiants se posent la question de privilégier la spécialité ou la ville, explique Mélanie Marquet, présidente de l’Intersyndicat national des internes (ISNI). Nombre d’entre eux ont des classements qui leur permettent d’obtenir la spé qu’ils veulent mais pas forcément dans la ville de leur choix. Pour certains, la spécialité est une vocation et le choix de la ville secondaire, mais pour d’autres c’est la ville qui est plus importante ». Dans tous les cas, « il n’y a pas une seule grille de choix mais plusieurs, car cela dépend de chaque individu », souligne Mélanie Marquet. « Les bonnes questions à se poser sont : qu’est-ce qui compte vraiment pour moi ? Qu’est-ce que j’aime faire ? Quels sacrifices suis-je encore prêt(e) à faire ? »
Conjoint et droit au remords
Parmi les questions les plus fréquemment posées aux représentants des étudiants, celle du conjoint arrive dans le peloton de tête. « Suivre son conjoint quitte à renoncer à sa spécialité, cela peut être risqué, estime Mélanie Marquet. Les couples se font et se défont et les regrets restent. Il faut donc s’assurer de pouvoir exercer son droit au remords [changement définitif de discipline] si nécessaire dans la ville que l’on choisit, parce qu’on ne pourra pas changer de ville par la suite ».
Il est aussi possible de se déclasser, c’est-à-dire de choisir juste après le conjoint pour s’assurer d’être dans la même ville. « Parfois il vaut mieux être dans deux subdivisions différentes et frontalières, plutôt que de vouloir absolument une même subdivision, alors que les CHU peuvent être à trois ou quatre heures de route l’un de l’autre », met en garde la présidente de l’ISNI.
Le redoublement, option possible
La question de la maternité préoccupe la profession qui se féminise. « Certaines spécialités sont plus à risque pour la grossesse, notamment celles qui ont des gardes intenses, ou les spécialités techniques. C’est le cas de la chirurgie, de l’obstétrique, la néphrologie, la cardio, ou la réanimation. Si on est enceinte ou qu’on pense l’être bientôt, il faut en tenir compte dans son choix », juge Mélanie Marquet.
Le redoublement est aussi une problématique souvent évoquée par ceux qui ne sont pas satisfaits de leur classement. Mais cette option n’offre aucune garantie. « Les statistiques montrent que le redoublement est rentable pour les gens classés au-delà de 5 000, informe Mélanie Marquet. Mais entre 2 000 et 5 000 c’est très risqué, car on peut se retrouver moins bien classé l’année suivante ! Néanmoins, tout dépend de la spécialité visée : c’est peu intéressant en médecine générale ou en psychiatrie, mais ça peut l’être en chirurgie ».
Guide et conseils pratiques
Pour aider les futurs internes à faire leurs choix, l’ISNI a créé un site internet dédié, www.futur-interne.com, et propose un guide des spécialités et des villes sur son site. « Nous avons aussi des représentants dans les villes, qui peuvent donner des informations plus précises. Ils savent comment les choses se passent dans les services, grâce aux évaluations de stages », souligne Mélanie Marquet.
Les représentants syndicaux des carabins se mobilisent tout au long de l’été. L’ISNI, l’ANEMF (étudiants) et l’ISNAR-IMG (Intersyndicale des internes de médecine générale) se relaient pour proposer une permanence téléphonique. Les internes ne sont pas seuls devant leur amphi de garnison virtuel... « Jusqu’à la dernière minute, assure Mélanie Marquet, ils peuvent nous appeler pour avoir des conseils et des informations pour trancher ».
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