J'ai toujours voulu être médecin depuis l'âge de 2 ou 3 ans. Ça s'appelle, il paraît, la vocation ; après un bac C, mes parents ont été d'accord pour me payer mes études à condition que je ne redouble pas. Je n'ai donc pas redoublé et comme je voulais être médecin spécialiste, j'ai passé l'internat après beaucoup de préparation et donc de travail pendant plus de 3 ans car je ne voulais pas être étudiante à vie.
J'ai passé 4 ans d'internat puis 4 ans de clinicat merveilleux car, à l'époque (de 1980 à 1988), tout était merveilleux. On travaillait beaucoup ; on s’entendait bien ; les seniors étaient là pour nous et même les chefs de service. J'ai vécu l'arrivée du scanner puis de l'IRM. Ce fut une époque où l'on apprenait encore la clinique ; on prenait beaucoup de gardes, quelquefois 3 jours en suivant en dormant 3 h par nuit. On était content car la devise c'était : « Plus on travaille, plus on sera compétent. »
Seul bémol, on était jalousé par les CES de l'époque. Je ne voulais pas forcément faire une carrière hospitalière mais j'ai eu aussi la chance d'aller dans les congrès avec mon chef de service qui était une personne extraordinaire que j'avais choisie aussi car je savais qu'elle accepterait mon indépendance professionnelle. Elle me laissait vivre, me faisait confiance, mais si j'avais besoin d'elle, mon professeur était toujours là.
Je suis passée par des services assez difficiles comme la réanimation, la neurochirurgie les maladies du sang, ce qui m'a permis de ne rien craindre dans ma vie professionnelle et personnelle et d'avoir une admiration pour tous mes confrères qui sauvent la vie des patients graves dans l’urgence.
Pendant les dernières années, j'ai continué des formations très spécialisées et je me suis installée en libéral, en 1988, en secteur 1. J'ai toujours préféré ensuite la médecine libérale, la vraie médecine qui se passe entre le patient et vous en face-à-face.
Alors j'ai raconté tout cela pour dire en fait que j'ai arrêté d'être fière d'être médecin quand Marisol Touraine a commencé à nous dénigrer et vouloir nous détruire. Par ailleurs, je resterai libre car je suis française ; et MST ne m'obligera jamais à faire le TPG. Alors je partirai, je quitterai le mériter que j'aime et j'abandonnerai mes patients sans successeur... Honte à cette France qui ne sait pas défendre ses richesses et, dans le cas présent, la médecine libérale et qui va donc permettre de laisser nos patients orphelins.
Médecin et fier de l'être
« J'ai arrêté d'être fière quand... »
Publié le 08/08/2016
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Source : lequotidiendumedecin.fr
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