LE TEXTE EST PARU au beau milieu du mois d’août mais il n’est pas passé inaperçu. Signé par le Premier ministre, les ministres de la Santé, de l’Enseignement supérieur et de la Défense, il va en effet sérieusement chambouler l’organisation du 3e cycle des études médicales. Il prévoit de limiter le redoublement des candidats aux épreuves classantes nationales (ECN). Depuis la création des ECN en 2004, de nombreux candidats demandent à l’issue des épreuves à ne pas valider leur 2e cycle des études médicales. Ceci leur permet de passer à nouveau les ECN et de prétendre à un meilleur classement. Le décret modifie la donne : les candidats devront valider leur DCEM 4 avant d’avoir obtenu le résultat des ECN. La seule issue pour repasser les épreuves devient le passage en troisième cycle.
Un numerus clausus au redoublement.
Un interne qui a obtenu une première affectation et qui souhaite bénéficier d’un deuxième choix pourra repasser les ECN s’il a exercé ses fonctions dans la discipline acquise à l’issue du premier choix. « Le candidat peut demander, à titre dérogatoire et exceptionnel et pour des motifs sérieux dûment justifiés, à renoncer à la procédure nationale de choix prévue à l’article 10 et à se présenter une deuxième fois à ces épreuves l’année universitaire suivante », précise le décret. L’étudiant devra en faire la demande au directeur de l’UFR. Une commission statuera sur cette demande. Les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur fixeront chaque année le nombre maximum d’étudiants susceptibles de bénéficier de cette dérogation. Il s’agira en quelque sorte d’un numerus clausus au redoublement.
Cette disposition devrait diminuer sensiblement le nombre de redoublants. Chaque année, environ 10 % des postes d’internat offerts aux candidats des ECN – soit 700 postes – ne sont pas pourvus. Alors que les pouvoirs publics s’inquiètent d’une pénurie de médecins dans les toutes prochaines années, ce taux d’inadéquation est jugé trop élevé. Au ministère de la Santé, la direction générale de l’offre de soins (DGOS) préconise un taux d’inadéquation compris entre 1,5 et 3 %.
Le décret paru le 12 août prévoit par ailleurs de modifier l’organisation des ECN. Jusqu’ici, ces épreuves étaient constituées de 9 dossiers cliniques et d’une lecture critique d’article. Le texte supprime la notion d’épreuve rédactionnelle et ouvre la voie à une diversification des épreuves telles que l’informatisation réclamée par les doyens.
Cette frénésie de réformes inquiète l’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF). Elle demande que les modifications n’interviennent pas avant les ECN de 2015. L’ANEMF souhaite que les étudiants puissent continuer de passer une deuxième fois les ECN avant la validation du 2e cycle des études médicales et s’oppose à la création d’un statut d’auditeur libre pour les étudiants qui souhaiteraient redoubler leur DCEM 4 après avoir eu connaissance de leur classement. Ce statut ne prévoit en effet pas les mêmes droits sociaux qu’aux autres étudiants. Enfin, le redoublement doit être préservé pour 10 % des promotions de chaque faculté, selon l’ANEMF. « Les étudiants veulent une réforme cohérente des ECN menée avec les ministères et les doyens », commente son président, Pierre Hamann.
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