Le Pr Jean-Pierre Vinel, président de la conférence des doyens de faculté de médecine, a rendu mardi à Marisol Touraine un rapport sur la formation clinique des étudiants en médecine, qui porte en particulier sur les conditions d’apprentissage de l’examen pelvien sur les patients anesthésiés.
La ministre de la Santé avait réclamé cette mise au point après la publication, au printemps 2014, d’une enquête selon laquelle des étudiants de la faculté de médecine de Lyon-Sud auraient pratiqué par le passé des touchers vaginaux ou rectaux sur des patientes endormies. L’enquête pilotée par le Pr Vinel auprès de l’ensemble des doyens de médecine présente un premier état des lieux sur l’apprentissage des examens pelviens sur des patients sous anesthésie générale. Les doyens rappellent que l’examen des seins, du pelvis, des orifices herniaires ainsi que les touchers pelviens font partie intégrante de la formation médicale en second cycle « dans toutes les facultés, toujours par un étudiant seul, en présence d’un médecin senior et chez un patient consentant ».
Selon les conclusions de ce rapport, le consentement du patient n’est toutefois pas systématiquement demandé. En premier cycle, cet accord n’est recueilli que dans 67 % des cas. En deuxième cycle, cet examen est réalisé dans huit cas sur dix après avis favorable du patient mais il manque toutefois un « schéma général » balisant la pratique. Une faculté anonyme interrogée révèle ainsi que « l’obtention préalable du consentement est "praticien dépendante" ».
Les doyens réclament une homogénéisation des formations (avec un portfolio unique) et préconisent de consacrer un module spécifique à l’apprentissage de l’exercice médical.
Une faculté sur deux utilise des mannequins
Afin que ces examens intimes ne soient « jamais réalisés, la première fois sur un patient », le Pr Vinel recommande surtout leur apprentissage grâce à des programmes de simulation médicale. Si 85 % des facultés disent mettre à disposition des étudiants les outils adéquats (sans préciser lesquels), force est de constater que ces moyens ne « couvrent pas l’ensemble des besoins de formations et ne sont pas utilisés partout dans les mêmes situations ». Ainsi, seule une faculté sur deux utilise des mannequins de basse et/ou haute fidélité.
Les doyens réclament en conséquence une « généralisation » du recours à la simulation médicale pour l’apprentissage d’un comportement « adéquat » devant le patient (savoir être, interrogatoire), des gestes d’examens clinique et complémentaire (ponctions, mise en place de sondes, gestes d’urgences, etc.).
Résultats « très préoccupants » pour Ségur
Mardi, Marisol Touraine a jugé les résultats du rapport « très préoccupants » avant de rappeler que les actes concernés, « totalement illégaux », exposent à des poursuites pénales. « L’État sera d’une extrême fermeté face à ces pratiques inacceptables, qui portent atteinte à l’intégrité du corps humain et aux droits fondamentaux des patients », a précisé la ministre. Reprenant l’une des préconisations des doyens, Ségur a d’ores et déjà confirmé sa volonté d’équiper l’ensemble des CHU de centre de simulation en santé « d’ici 2017 ». Le ministère de la Santé a confié une mission aux inspections générales des affaires sociales (IGAS) et de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche (IGAENR) afin d’approfondir les résultats de l’enquête des doyens.
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