Président de la conférence des doyens de médecine et doyen de la faculté de Tours, le Pr Patrice Diot annonce au « Quotidien » avoir demandé le report de la réforme du second cycle des études médicales à la rentrée universitaire 2021. En cause : la crise sanitaire du Covid-19, qui a considérablement bousculé l'organisation des équipes universitaires, par ailleurs mobilisées par la réforme du premier cycle. Le Pr Diot explique dans le détail les raisons et conséquences de cette décision.
LE QUOTIDIEN : En pleine crise épidémique, est-ce que la réforme du second cycle est toujours prévue à la rentrée universitaire 2020 ?
Non. Nous avons demandé le report de la réforme du second cycle d'un an pour la rentrée universitaire 2021. La conférence des doyens a adressé une lettre le 7 avril au soir en ce sens à Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur et Olivier Véran, ministre de la Santé. Il nous paraît impossible de mettre en place cette réforme dans de bonnes conditions. Or, cette réforme, nous y tenons. Ce n'est pas une décision de gaieté de cœur, mais nous espérons que le gouvernement tranchera rapidement.
Quelles sont les raisons de cette demande de report ?
L'épidémie du Covid-19 a généré la fermeture des facultés sans date de retour, le confinement des personnels universitaires ainsi que la mobilisation de plusieurs d'entre eux et des étudiants dans la crise sanitaire. Nous n'avons pas la possibilité de conduire le travail qui reste à faire pour cette réforme, même en télétravail. Nous avons finalisé le nouveau programme mais il faut terminer les référentiels de connaissances [items, NDLR]. Nous n'avons pas non plus finalisé les situations cliniques de départ, une nouvelle pédagogie permettant l'enseignement des compétences lors des stages. Les régions Grand Est et Ile-de-France sont dans un état de détresse. Dans d'autres régions moins touchées comme le Centre-Val-de-Loire, les collègues peuvent avancer mais on ne sera pas tous prêts à la rentrée 2020.
Ce qui pèse aussi dans la décision, c'est la mise en place de la réforme du premier cycle. Elle nécessite encore du travail et notamment le développement de nouveaux outils numériques d'enseignement pour les étudiants qui rejoindront les LAS [licences accès santé, NDLR] et les PASS [parcours spécifiques accès santé, NDLR]. Nous devons aussi achever la réforme du troisième cycle et le processus de big matching pour la répartition des internes pour leur stage de novembre 2020. On ne voit pas comment tout mener de front.
Qu'est-ce que vous allez faire cette année pour les étudiants entrant en 4e année - DFSAM1 et pour les ECN ?
Nous souhaitons que ces étudiants profitent de ce qui existe dans les nouveaux enseignements en stage et des nouvelles modalités d'évaluation. Nous ne savons pas actuellement si cette promotion aura des épreuves classantes nationales en 2023. Nous aimerions faire évoluer la docimologie des ECN et introduire une part d'évaluation de compétences. Il faudra de la souplesse. La conférence des doyens doit se réunir vendredi 10 avril pour expertiser toutes les modalités d'évaluation pour les étudiants de cette promotion, si le gouvernement arbitrait en faveur d'un report de la réforme du second cycle.
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