Les Molières (91)
Dr Jean Hvostoff
Dans la lecture des informations et actualités professionnelles du « Quotidien du Médecin », un article me fait sursauter. La FHF (Fédération hospitalière de France) entend régir la médecine libérale à la vue du résultat d’un sondage.
« Pourquoi se rend-on aux urgences à l’hôpital ? », demande ce sondage.
- 76 % des personnes interrogées répondent : parce que ce lieu garantit d’être hospitalisé si nécessaire.
- 59 % : parce que cela permet de réaliser immédiatement les examens complémentaires.
- 43 % : parce qu’elles ne savent pas où trouver un médecin de garde le soir ou le week-end.
- 24 % parce qu’« on n’y paye rien ».
Au vu de ce résultat, pour désengorger les urgences hospitalières, le président de la FHF affirme que « le seul levier d’action immédiat » serait la généralisation du tiers payant en médecine de ville, tandis que pour le délégué général de la FHF, seule l’abolition de la liberté d’installation des médecins libéraux permettra ce désengorgement.
Il est vrai qu’il est plus facile de rejeter la responsabilité de cet engorgement des urgences sur les médecins libéraux que d’oser critiquer la politique de santé menée par le gouvernement.
Sont-ce les 24 % qui vont à l’hôpital, parce qu’« on n’y paye rien » qui engorgent les urgences ? Ou plutôt les 76 % qui veulent, avant que le diagnostic soit posé, avoir l’assurance en étant déjà sur place d’avoir un lit si cela était nécessaire ? La diminution du nombre de lits est bien le fait d’une décision politique.
Cet engorgement n’est-il pas dû aussi à ces 59 % de Français qui exigent que leurs examens complémentaires soient immédiatement réalisés ? Car eux, le lundi matin, ne peuvent pas perdre du temps pour aller à un laboratoire d’analyses médicales ou radiologiques, etc., puisque, eux, travaillent.
Et ces 43 % qui avouent être inaptes à téléphoner au centre de régulation des appels (souvent le 15) ou à leur médecin traitant pour connaître le service de garde, ou la maison médicale de garde ! Et dans les grandes agglomérations cette catégorie deviendrait-elle inapte à avoir recours à SOS Médecin le week-end et la nuit ? Ces 43 % ne viennent-ils pas encombrer délibérément les urgences ?
L’engorgement des Urgences est-il réellement dû aux 24 % de ce sondage ? Ou le fait du manque de lits, de l’exigence des malades et leurs déresponsabilisations ?
De qui se moque-t-on ?
La FHF veut-elle « mettre de l’ordre dans la médecine de ville » devant son incapacité à résoudre ses propres problèmes du fait de la décision politique de fermer de nombreux hôpitaux ? Où cherche-t-elle à donner satisfaction au gouvernement, dans l’attente d’une reconnaissance, pour l’étatisation de la médecine libérale ?
Le numerus clausus a-t-il un sens ?
Cagnes-sur-Mer (06)
Dr Jean-Luc Poumarède
Lors de votre entretien avec la Ministre de l’Enseignement supérieur (« le Quotidien du Médecin » du 13 mai dernier), à la question « le numerus clausus a-t-il encore un sens ? », Madame Geneviève Fioraso a répondu : « le numerus clausus correspond aujourd’hui aux besoins sanitaires du pays ».
Ou bien elle refuse de constater la réalité des faits, ou bien elle est incompétente (je pencherais pour les deux). Sa seule proposition pour les étudiants qui ont échoué est une réorientation personnalisée, des passerelles ! Vers quoi ? Alors que tous ces jeunes qui rêvaient d’être médecins sont traumatisés à vie.
Ils sont même prêts à s’expatrier plusieurs années en Belgique, en Roumanie ou ailleurs en Europe pour obtenir leur diplôme et on ose le leur reprocher.
Par contre, nous mettons le tapis rouge à des médecins, venus d’ailleurs, pour les inciter à s’installer chez nous. Si on lit sur « le Journal Officiel » du 27 mars 2013 l’arrêté du 18 mars fixant la liste des personnes autorisées à exercer en France la profession de médecin généraliste, les 36 médecins autorisés sont originaires du Maghreb, d’Afrique noire et il y a même un médecin malgache !
C’est scandaleux car ces pays manquent cruellement de médecins. Actuellement, on le sait, il y a un afflux important de médecins roumains. La seule solution est bien sûr d’augmenter le numerus clausus à 30 ou 40 % et de demander aux doyens de s’organiser pour gérer cet afflux d’étudiants supplémentaires.
Le ministère de la Santé doit recruter plus de professeurs, investir son argent dans la rénovation des facultés et, s’il n’en a pas les moyens, autoriser la création d’écoles privées agréées (contrôles du niveau pédagogique, du nombre d’années d’enseignement, du CV des intervenants).
Il faut arrêter la polémique concernant le centre privé Fernando Pessoa à Toulon.
Ensuite, il faut rendre plus favorable le statut des médecins retraité actifs de plus en plus nombreux faute de candidats à leur succession.
Du cannibalisme…
Bousies (59)
Dr Didier Darras
L’« Histoire du jour » du « Quotidien du Médecin » du 13 mai traitait du « cannibalisme ». Cannibalisme veut dire « féroce » et anthropophage « mangeur de chair humaine » ; de fait, il faut être cannibale pour être anthropophage…
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