Les Français aiment toujours les professionnels de santé même s’ils ne sont pas forcément tendres avec eux. C’est ce que révèle le 13e baromètre santé 360 d’Odoxa, paru ce matin. 91 % des Français ont ainsi une opinion favorable des médecins généralistes, c’est plus que dans les autres pays européens, même si d’autres professionnels de santé arrivent à faire encore mieux dans l’Hexagone. C’est le cas des infirmiers (95 %), des sages-femmes (94 %), des aides-soignants (93 %) ou des kinés (92 %) mais c’est toujours mieux que les pharmaciens, les spécialistes ou les dentistes qui ferment la marche. Ces professionnels sont jugés « compétents », « courageux », « sympathiques », « à l’écoute de leurs patients » par plus de 8 Français sur 10 !
Le sentiment d'une perte de prestige
Pourtant 96 % des généralistes ont l’impression que l’image et le prestige de leur profession se sont détériorés, alors que seulement un peu plus d’un Français sur deux semblent le penser. Concernant les instances qui représentent les professionnels de santé, si les Français ont une image plutôt positive des Ordres professionnels, deux tiers d’entre eux jugent également qu’ils protègent trop les privilèges corporatistes. Sans doute pas pour les mêmes raisons, les professionnels de santé en général sont très peu satisfaits de leurs Ordres, 38 % des généralistes considèrent ainsi que le Cnom les représente de manière satisfaisante. C’est toujours mieux que pour les autres professions, l’Ordre des infirmiers ou des kinés étant les plus critiqués.
Les Français favorables au changement… pour les médecins
Malgré cet attachement que la population garde pour les professionnels de santé en général, cela ne l’empêche pas de les juger parfois sévèrement. 56 % des sondés estiment par exemple que les médecins sont réfractaires aux changements, et qu’ils s’opposent systématiquement à toutes les mesures les concernant. 82 % des généralistes reconnaissent d’ailleurs avoir de mauvaises relations avec les pouvoirs publics et cette divergence de vues entre patients et médecins se retrouve dans leur position concernant les mesures de santé. Si patients (69 %) comme généralistes (60 %) sont favorables à la vaccination sans prescription par les infirmiers, leur point de vue sont opposés sur la prescription de certains médicaments (antiseptiques, antalgiques). Plus de 6 Français sur 10 souhaitent que les infirmiers puissent le faire alors que près de 7 généralistes sur 10 sont contre.
La liberté d'installation en débat
Sur les mesures pour enrayer la désertification médicale, si la population est en priorité favorable aux mesures incitatives : mise en place de maison de santé pluriprofessionnelle (86 %), prime à l’installation (81 %), collaboration libérale et travail en réseau (74 %), elle n’est pas réfractaire non plus à des mesures beaucoup plus coercitives. 62 % sont par exemple favorables à ne pas prendre en charge les cotisations sociales de ceux qui s’installent en zones sur-denses et la même proportion se prononce pour leur déconventionnement. Et une majorité des sondés soutient même l’idée d’imposer une affectation autoritaire aux médecins pendant les dix premières années d’exercice.
Baromètre 360 Odoxa pour NEHS, Orange Healthcare et l’ASIP-Santé. 996 Français interrogés par internet les 2 et 3 octobre 2018. 697 professionnels de santé (73 généralistes, 58 spécialistes, 7 internes, 141 infirmiers, 116 sages-femmes, 184 kinés, 52 pharmaciens, 66 dentistes) interrogés sur internet entre le 28 septembre et le 23 octobre.
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