Doit-on cesser d'alimenter Vincent Lambert ou le maintenir en vie? Face à une question si complexe, qui déchire la famille de cet homme tétraplégique en état végétatif chronique, le juge des référés du Conseil d'Etat a décidé jeudi de renvoyer l'affaire à une formation collégiale. "La très grande difficulté des questions qui sont posées", d'ordre "juridique", "déontologique" et "éthique", "exclut qu'elles puissent être tranchées par un juge unique", a tranché le président Bernard Stirn au terme de l'audience en référé devant la plus haute juridiction administrative française. "Une formation collégiale se réunira dans le courant de la semaine prochaine", a-t-il ajouté. L'audience de l'assemblée du contentieux a finalement été serait fixée au jeudi 13 février à 9h00.
Sa décision a été prise après avoir entendu les témoignages bouleversants mais contradictoires de membres de la famille de Vincent Lambert et de médecins. Les médecins, l'épouse et un neveu de Vincent Lambert avaient saisi le Conseil d'Etat pour contester le maintien en vie décidé le 16 janvier par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne.
A l’audience, le Dr Eric Kariger, qui dirige le service de soins palliatifs du CHU de Reims, a expliqué que cet homme de 38 ans a "des lésions cérébrales graves et irréversibles, une incapacité à exprimer ses volontés. Il est atteint d'une maladie grave et incurable". L'avocate des parents de Vincent Lambert, Me Claire Le Bret-Desaché, a au contraire assuré qu'il n'était "pas en fin de vie, pas atteint d'une maladie grave et dégénérative. On ignore s'il souffre". Dans cette situation, "le doute doit profiter à la vie", a-t-elle fait valoir.
La question à laquelle doit répondre la justice la semaine prochaine est de savoir "si le Dr Kariger, qui l'a décidé, a commis une illégalité manifeste". Me François Molinié, conseil de l'union nationale des associations de familles de traumatisés crâniens, a expliqué que les familles de ces patients en état "pauci-relationnel" (état de conscience minimal) comme Vincent Lambert, sont "extrêmement préoccupées" par la décision que prendra le Conseil d'Etat.Une décision qui sera aussi scrutée par la communauté médicale ainsi que par les opposants à l'euthanasie passive, au moment où le gouvernement travaille sur un texte de loi sur cette question.
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