Le parquet de Reims a requis mardi la relaxe du Dr Vincent Sanchez, assigné pour « non-assistance à personne en danger » par les parents de Vincent Lambert, décédé le 11 juillet après l'arrêt de ses traitements.
« Aucun élément ne permet de dire que le Dr Sanchez aurait manqué à ses obligations légales », a affirmé le procureur de Reims, Matthieu Bourrette.
« On vous demande de faire le procès du Dr Sanchez comme de la loi Leonetti-Claeys », sur la fin de vie, a-t-il lancé, dénonçant le fait que « le tribunal ait été considéré comme une tribune pour dénoncer une loi ». « Il n'y a aucun élément qui caractérise la non-assistance à personne en danger », a-t-il par ailleurs affirmé.
Un peu plus tôt dans l'après-midi, Vincent Sanchez avait défendu sa décision d’arrêter, le 28 juin, le traitement de Vincent Lambert, patient en état végétatif.
« À chaque étape, j'ai respecté la loi. A aucun moment, je n'ai eu la volonté, ni l'intention de m'écarter de la loi », a expliqué Vincent Sanchez, seul à la barre, face aux questions de Jean Paillot et Jérôme Triomphe, les avocats des parents de Vincent Lambert, farouchement opposés à l'euthanasie passive.
Le sentiment d'avoir fait son travail
« Je voulais que Vincent Lambert puisse être respecté dans ses droits. C'est à lui que je pense aujourd'hui, à son épouse, à sa famille et aussi à ses parents », a poursuivi le chef de service du CHU de Reims, qui avait repris l'arrêt des traitements le 28 juin, Vincent Lambert décédant le 11 juillet. « J'ai le sentiment d'avoir fait mon travail. »
« Pourquoi n'avez-vous pas répondu à nos demandes de transférer Vincent Lambert vers une unité de soins spécialisée ? », lui a demandé Me Triomphe.
« Il n'y avait pas de besoin médical à organiser son transfert, lui a répondu Vincent Sanchez. Si l'ensemble de la famille avait été d'accord avec le transfert, je l'aurais fait. Mais la tutrice de Vincent Lambert, son épouse, qui seule pouvait le demander, ne l'a pas souhaité. »
Obstination déraisonnable
Le médecin a également réaffirmé que Vincent Lambert faisait l'objet, à ses yeux, d'une « obstination déraisonnable ». Dans ces circonstances, la loi Claeys-Leonetti, adoptée en France en 2016, autorise l'arrêt des traitements. Ce texte interdit par ailleurs l'euthanasie et le suicide assisté.
« Bien sûr que Vincent Lambert était en état végétatif chronique. J'ai fondé ma décision sur ce qui se passait, sur ce qu'était Vincent Lambert et sur ce que j'estimais être sa décision, sur ce que je ressentais », a-t-il insisté.
Le Dr Sanchez faisait ici référence aux confidences faites par Vincent Lambert : selon son épouse et certains proches, il leur avait confié oralement préférer mourir plutôt que de vivre « comme un légume », mais n'avait pas rédigé de directive anticipée.
Le jugement sera rendu le 28 janvier 2020.
Avec AFP
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