Et par un prompt renfort, ils furent plus d’un millier en arrivant au port… d’embarcation. En l’occurrence, celui basé Porte Dauphine, dans le seizième arrondissement de Paris. Anesthésistes, gynécologues, chirurgiens, urologues… Tous s’engouffrent dans la trentaine de cars spécialement affrétés pour l’ « Opération Bruxelles » qui verra, pendant quatre jours, ces spécialistes libéraux s’exiler symboliquement dans la capitale belge. Programmée de longue date, elle entend mettre « en lumière la colère accumulée depuis de longues années de spécialités à responsabilité médicale élevée, indispensables à l’accès aux soins, restées sans revalorisation ni reconnaissance depuis des décennies », rappelle Le Bloc au moment du départ. Une colère exacerbée par les récents débats parlementaires dans le cadre du vote du budget de la Sécurité sociale 2026, « agressifs et injustes envers la médecine libérale ».
Heure du départ : 13 h 35 dans une trentaine de cars
L’horaire est respecté. Il est 13 h 35 lorsque le convoi de la trentaine de cars affrétés spécialement s’ébranle.
Dans le véhicule de tête, dans les cinq minutes qui suivent les premiers tours de roue, le Dr Philippe Cuq, président du syndicat Le Bloc, à l’origine de cette action visant à démontrer l’importance essentielle des spécialités libérales dans le système de soins, se fait gentiment chambrer. « Philippe, c’est quand qu’on s’arrête pour déjeuner ? », lâche un plaisantin qui remporte les rires de l’assistance.
Si l’ambiance est détendue, ce voyage est aussi l’occasion pour certains de ces spécialistes de se rencontrer et d’échanger. Remontant l’allée du car, de petits groupes se forment et dressent le bilan de la grande manifestation nationale de la veille, qui a vu, selon les organisateurs, près de 20 000 praticiens, battre le pavé parisien pour défendre une médecine libérale en danger.
La Dr Justine Cagnat en était. Cette gynécologue de 45 ans qui exerce à Nice, n’a pas hésité à faire le déplacement pour aller manifester. « Un très beau mouvement. Il y avait beaucoup d’unité : généralistes, spécialistes, hospitaliers, libéraux… Tout le monde était réuni », se réjouit-elle. Avant de revenir sur la raison spécifique de son exil bruxellois. « Non seulement la Sécurité sociale nous considère comme des fraudeurs, mais de plus elle peut décider de baisser unilatéralement nos tarifs », cingle la gynécologue qui a choisi de ne pas renouveler son contrat Optam.
« Docteurs, agriculteurs, même combat »
14 h 50. Une rumeur enfle dans l’autocar les agriculteurs dressent un barrage aux alentours de Valenciennes. Le convoi pourra-t-il passer ? « Docteurs, agriculteurs, même combat », entend-on dans le véhicule. Joignant le geste à la parole, les médecins libéraux en exil donnent leur feu vert à duplex conjoint avec la Coordination rurale, sur les ondes d’Europe 1. Heure de diffusion prévue 18 h 30.
Le convoi devrait arriver à Bruxelles en fin de journée. Au programme des prochains jours : des ateliers de travail. Car si, à travers cette opération, les organisateurs entendent adresser « un avertissement politique et sanitaire majeur sur l’avenir et l’accès aux soins chirurgicaux et obstétricaux pour tous les patients sur tout le territoire », l’objectif est également d’élaborer des propositions pour les pouvoirs publics.
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