Lille, Toulon, Bordeaux, Lyon, Rennes, Marseille... : à l’heure où la campagne s’intensifie, l’agenda du président de la CSMF – comme des autres leaders – ressemble à celui d’une vedette en tournée. Dans ces soirées électorales, le scrutin des URPS est souvent éclipsé par l’enjeu brûlant de la loi de santé, les revendications tarifaires ou la question de l’accessibilité des cabinets.
À Strasbourg, dans un amphi de la fac de médecine, devant une trentaine de praticiens, la réunion de campagne de la CSMF est rodée. Deux petits films pédagogiques en introduction, une demi-heure d’exposé : les interventions du Dr Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF, visent à répondre aux interrogations concrètes des médecins. La place de la médecine libérale ? La France est très loin du compte ! « La ministre nous parle de virage ambulatoire mais les dépenses de soins de ville plafonnent à 22 % des dépenses de santé contre 30 % en Allemagne », attaque-t-il.
Quand au prix de la consultation médicale, la situation française serait peu enviable : selon le patron de la Conf’, le tarif moyen dans les pays européens développés atteint 47 euros alors que le C hexagonal est bloqué à 23 euros depuis le 1er janvier 2011 (même si la CNAM y ajoute les forfaits, majorations et rémunération sur objectifs pour une « valeur réelle » de la consultation de 31,5 euros). Le combat contre la loi de santé n’est pas occulté avec l’appel réitéré de la CSMF à la « désobéissance civile » contre les étapes obligatoires du tiers payant généralisé.
Appels opportunistes
Dans ces temps agités, il est essentiel de montrer un visage uni de la profession, insiste le Dr Ortiz. Centrale polycatégorielle, la CSMF entend jouer un rôle de force de rassemblement pour porter la voix de la médecine libérale dans toutes ses composantes et spécialités. Il épingle les appels « opportunistes » à la grève début octobre lancés par des syndicats dont il assure, ironique, « ne même pas connaître les motivations précises ».
Le président de la CSMF imagine le coup d’après. « Le combat continuera même si la loi Touraine est adoptée, ce qui sera vraisemblablement le cas ». Il appartiendra ensuite aux médecins de se mobiliser pour qu’une loi rectificative « détricote la loi de santé comme la loi Fourcade l’avait fait avec la loi Bachelot ».
Répondant à un médecin inquiet des conséquences de la désobéissance civile (refus d’appliquer le tiers payant intégral généralisé), le Dr Ortiz juge que le gouvernement ne prendra pas le risque d’un bras de fer et d’un déconventionnement massif pénalisant d’abord les patients. Il se félicite en revanche de voir à quel point « le gouvernement est mal à l’aise sur le dossier » tout en regrettant que les usagers ne mesurent pas les enjeux cachés du tiers payant généralisé.
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