Ce jeudi 21 janvier, une jeune femme de 31 ans a été jugée au tribunal correctionnel de Nanterre (Hauts-de-Seine) pour « escroquerie avec usage de la fausse qualité de médecin ». En avril dernier, elle se faisait passer pour une médecin et proposait des tests de dépistage au Covid, moyennant 70 euros, révèle « Le Parisien ». Reconnue coupable, elle a été condamnée à un an d'emprisonnement.
Originaire de Dijon, Iltusen B., se faisait appeler tour à tour Iptaa H., Dr Inaya R. ou madame K., et faisait croire aux patients qu'elle était médecin, tantôt généraliste, tantôt urgentiste... mais sans aucun diplôme. Absente au procès et non représentée, la prévenue est actuellement « en vadrouille », selon la procureure. Le tribunal a délivré un mandat d'arrêt à son encontre.
En avril 2020, elle a notamment réalisé des tests auprès de personnes habitant Boulogne-Billancourt, dont une famille inquiète de l'hospitalisation du père pour une forme grave du Covid – dont il décédera. Interrogé par « Le Parisien », un des membres de la famille indique qu'ils ont repéré la médecin sur les réseaux sociaux, notamment Periscope, où elle postait des vidéos d'elle auprès de migrants ou de blessés dans les manifestations.
Une trentaine de plaintes
Sur son profil, elle se fait appeler Dr Inaya R. et se dit en déplacement sur Paris avec du matériel pour réaliser des tests à domicile. « Elle nous a raclé le fond de la gorge avec une spatule et a placé le tout dans une machine », raconte l'une des victimes au quotidien régional, un homme d'une quarantaine d'années. Elle annonce à la famille que les tests sont négatifs et prend leurs cartes Vitale, tout en assurant qu'ils seront remboursés par la Sécu.
Quelques jours plus tard, alors que les membres de la famille sont toujours malades et que le père vient de décéder en réanimation, le Dr Inaya R. leur affirmera même qu'il n'est pas mort du Covid, mais a été euthanasié. Après avoir été testées positives dans un laboratoire, les victimes décident de piéger la fausse médecin en la faisant revenir et en appelant la police.
Interpellée en mai 2020, elle finit par avouer en garde à vue la réalisation de ces tests, ajoutant qu'elle a « toujours rêvé d'être médecin ». Elle serait également recherchée par les forces de l'ordre du côté de Toulouse, Marseille et Montpellier pour des faits similaires antérieurs, mais à chaque fois sous des noms différents. En tout, une trentaine de plaintes auraient été déposées à son encontre. « On a peu d'éléments, elle a déjà officié dans d'autres villes où elle s'est fait passer par un médecin, a indiqué la procureure. C'est une capacité à duper les autres et à s'inventer des histoires, qui a causé des préjudices psychologiquement traumatisants. »
La fausse médecin devra également verser plus de 3 000 euros aux victimes.
[Article mis à jour vendredi 22 janvier à 11 heures. ]
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