« Dans ma jeunesse, j'ai eu du mal à me loger » : accusé d'être marchand de sommeil, un ancien médecin a tenté de se justifier ce mercredi à son procès d'avoir logé une quarantaine de familles dans des conditions indignes dans sa clinique de Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis).
« Je choisissais des personnes sérieuses mais qui n'avaient pas la bonne couleur de peau ou pas le bon passeport, car j'ai eu moi-même des difficultés à me loger plus jeune », a déclaré à la barre le Dr Helmi Boutros, 66 ans, jugé par le tribunal correctionnel de Bobigny.
Cet ancien médecin, devenu propriétaire d'une clinique, comparaît pour sept infractions commises entre juillet 2013 et février 2018.
Il lui est notamment reproché d'avoir transformé illégalement trois étages de son ancienne clinique en une quarantaine de logements privatifs et d'avoir ainsi exposé 75 locataires à un « risque immédiat de mort ou de blessures ».
Cafards, souris et moisissure
Parmi eux, de nombreuses familles avec enfants en bas âge résidaient dans des appartements sur-occupés, aux murs couverts de moisissure, parfois sans chauffage, ou infestés de cafards et de souris. D'autres vivaient dans le noir, les volets roulants des fenêtres étant cassés en position basse.
« Fuite d'eau », « défaillance de ventilation », « installation électrique dangereuse », « risque d'explosion de la chaufferie », l'immeuble a été déclaré inhabitable par les autorités en juillet 2017 à la suite d'un rapport d'enquête.
Devant le tribunal, le propriétaire a affirmé que les logements étaient neufs lorsqu'il les a mis en location en 2014. « Ça a été dégradé par les locataires », a-t-il assuré.
Il a dénoncé aussi « une perversion du système », affirmant que les familles avaient « intérêt » que leur appartement soit reconnu insalubre, afin d'accélérer leur demande de logement social.
Seuls dix ménages se sont portés partie civile au côté de la mairie de Neuilly-sur-Marne et l'agence régionale de santé (ARS).
Les loyers des appartements étaient compris entre 350 et 857 euros. Selon le tribunal, le propriétaire percevait en moyenne un minimum de 120 000 euros par an de loyer pour ces habitations.
L'ancien médecin est également poursuivi pour blanchiment de fraude fiscale. Il lui est reproché d'avoir tenté de soustraire les revenus tirés des loyers à l'impôt, en mettant en place des montages financiers complexes, en France et à l'étranger.
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