Après les résultats des élections chez les médecins libéraux, marquées notamment par la montée en puissance des syndicats mono catégoriels (MG France chez les généralistes, l'union Avenir Spé-Le BLOC chez les spécialistes) et l'arrivée de l'UFML, la quasi-totalité des URPS médecins libéraux ont désigné leur président. Souvent le fruit d'accords locaux internes, ces choix ne reflètent pas forcément les scores obtenus par les syndicats il y a deux mois.
Les URPS qui changent de cap…
Dans les Hauts-de-France, c'est le Dr Bruno Stach (Avenir Spé-Le BLOC) qui se hisse à la présidence. Pneumologue allergologue à Valenciennes, il succède au Dr Philippe Chazelle, stomatologue de la CSMF. L'union syndicale avait réalisé plus de 37 % des voix au sein du collège des spécialistes dans la région. Elle prend également le contrôle de deux autres grandes régions : la Nouvelle Aquitaine (où elle a engrangé 16,7 % des sièges au total), avec le Dr Benoît Féger (chirurgien ORL à Angoulême) ; et Auvergne Rhône-Alpes (28,3 % des sièges), avec le Dr Sylvie Filley-Bernard (anesthésiste à Villefranche-sur-Saône).
L'UFML-Syndicat prend de son côté la tête de l'Île-de-France (21 000 praticiens libéraux, selon l'URPS). C'est le Dr Valérie Briole, rhumatologue libérale à Paris, qui sera aux manettes de l'URPS-ML. Elle succède au Dr Bruno Silberman, radiologue (ex-CSMF, passé chez Avenir Spé-Le BLOC), après deux mandats.
Dans le Grand Est, c'est le Dr Claude Bronner (médecin généraliste à Strasbourg, FMF) qui accède à la présidence, prenant la suite du Dr Guilaine Kieffer-Desgrippes (SML). La FMF avait récolté 7 sièges sur 40 dans la région.
Changement aussi en Occitanie, où le Dr Jean-Christophe Calmes (généraliste, MG France) prend le relais du Dr Maurice Bensoussan (SML). Le syndicat de généralistes était arrivé en tête, tous collèges, dans la région en empochant 13 sièges sur 60.
Enfin, avec six sièges sur 40, le SML remporte la Bretagne avec le Dr Thierry Labarthe (généraliste près de Rennes), qui succède au Dr Nikan Mohtadi (FMF).
... et celles qui ont réélu leur président
Le Dr Éric Blondet (neurochirurgien à Mâcon) garde les rênes de la région Bourgogne Franche-Comté sous la bannière Avenir Spé-Le BLOC.
Sans obtenir de nouvelle région, la CSMF conserve la main sur les Pays de la Loire, avec la réélection du Dr Jean-Baptiste Caillard (cardiologue près d'Angers), le Centre-Val de Loire (réélection du Dr Raphaël Rogez, neurologue à Tours) et de la Corse (Dr Antoine Grisoni, généraliste en Corse du Sud). La Conf' conserve aussi ses présidents en Guyane (Dr Jacques Breton, généraliste) et dans l'Océan Indien (Dr Christine Kowalczyk, généraliste), et devrait faire de même en Guadeloupe – le vote aura lieu le 10 juin – où elle est arrivée largement en tête (17 sièges sur 20).
En région PACA, le Dr Laurent Saccomano (angiologue dans les Alpes-Maritimes) garde son poste, tout en passant du SML à la FMF. La désignation du Dr Meyer Sabbah (Union collégiale, 6 sièges dans la région) en tant que vice-président alors qu'il est auteur d'un recours contre les élections a déclenché de vives réactions.
La FMF reste à la tête de la Martinique, avec la réélection du Dr Anne Criquet-Hayot. Avec six sièges sur 30, elle espère conserver la Normandie, dont le bureau sera désigné le 16 juin.
Un paysage plus éclaté qu'en 2015
Au total, la CSMF, qui avait récolté le plus grand nombre de sièges (161), gardera le leadership dans au moins cinq régions (contre neuf en 2015). Elle est logiquement suivie par l'union syndicale Avenir Spé-Le BLOC (39,3 % des voix dans le collège spécialiste et 119 sièges), qui a désormais quatre régions dans son giron (contre une seule en 2015, avec le BLOC). La FMF empoche (au moins) trois régions, malgré un score en net repli dans les deux collèges (77 sièges en tout).
MG France, malgré son leadership renforcé chez les généralistes (près de 37 % des voix, 119 sièges) n'obtient qu'une seule région (aucune en 2015) – tout comme l'UFML (95 sièges, 17 % dans chacun des deux collèges). Le SML, qui avait hérité de trois présidences en 2015, n'en conserve qu'une seule.
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