Dr Sophie Augros, déléguée nationale à l'accès aux soins : « Un accompagnement personnalisé pour débuter »

Publié le 20/09/2019
Article réservé aux abonnés
Pour clarifier le panel des aides à l'installation des jeunes médecins, la généraliste et ex-présidente de ReAGJIR propose, dans un rapport remis lundi à Agnès Buzyn, la création d'un contrat unique de début d'exercice qui devrait voir le jour en 2020. Explications.
Augros.S

Augros.S
Crédit photo : DR

Les nombreux contrats pour aider les jeunes médecins à s’installer ont-ils atteint leur but ?

Dr Sophie Augros : Si le but était d'installer uniquement des jeunes médecins en zone sous-dotée, non ! Si le but était de favoriser l'installation en territoire fragile, alors oui, le CESP, le PTMG et les différents contrats de l'Assurance maladie y ont contribué (voir ci-dessous). Ils permettent de sécuriser financièrement les premiers mois d'exercice avec un complément de revenus et une couverture en cas d'arrêt maladie.

Quels autres leviers peuvent aider les jeunes à visser leur plaque en zone sous-dense ?

Dr S. A. : Il est nécessaire de renforcer l'exercice coordonné, d'améliorer le lien ville/hôpital, de rendre possible l'exercice mixte et de faciliter l'exercice à temps partiel. Cela aiderait certains étudiants à s'engager. Les jeunes généralistes ont aussi besoin de savoir qu'ils n'exerceront pas toute leur carrière en libéral dans le même village. 

Que prévoit votre contrat unique de début d’exercice ?

Dr S. A. :  Ce contrat sera une fusion des quatre dispositifs de praticien territorial (PTMG, PTMA, PTMR et PMIS). Il s'adressera à tout médecin en début d'exercice, quelle que soit sa spécialité. Il garantira un niveau minimum de revenus, au moins la première année, le temps de se constituer une patientèle, et un avantage maladie pendant deux ou trois ans. L'avantage maternité sera étendu aux remplaçants qui sont les seuls à ne pas en bénéficier. Et les signataires pourront conserver des indemnités s'ils exercent dans des zones de faible activité ou saisonnière.

Quelles contreparties seront demandées aux médecins ?

Dr S. A. : Ils devront avoir des tarifs opposables et un exercice coordonné (en équipe de soins, MSP, centre de santé…). Jusqu'ici, le PTMG était limité aux praticiens exerçant 8 demi-journées par semaine. Cela sera allégé pour aider les médecins à temps partiel à s'installer. La participation à la permanence des soins reste en débat.

Quel est votre objectif avec ce contrat de début d'exercice ?

Dr S. A. : L'idée est de communiquer davantage et d'informer les jeunes médecins désireux de s'installer dans une zone sous-dense qu'il existe un contrat pour répondre à leurs aspirations. Nous leur apporterons aussi un accompagnement personnalisé en début de carrière. Nous proposons que les praticiens puissent être aidés par des start-up ou des partenaires privés extérieurs à l'ARS pour recruter un secrétaire, gérer un contrat de travail, avoir des formations pour apprendre le travail en équipe...

Propos recueillis par Christophe Gattuso

Source : Le Généraliste: 2881