Alors qu'un débat (sans vote) voulu par le président Macron sur les techniques de traçage sera tenu fin avril dans les deux Assemblées, Aymeril Hoang, chargé du numérique au sein du conseil scientifique sur le Covid-19, interrogé ce matin par la Commission des lois du Sénat, a mis en garde contre une éventuelle application Google/Apple de traçage des contacts. Pour l'instant, La France prépare de toute urgence (avant le début du déconfinement), en lien avec l'Allemagne et la Suisse une application pour smartphone StopCovid, permettant à l'utilisateur d'être prévenu s'il a croisé un autre utilisateur diagnostiqué porteur du coronavirus. Or, Apple et Google, qui fournissent les deux principaux systèmes d'exploitation de smartphones dans le monde, ont annoncé vendredi qu'ils collaboraient de leur côté pour une app de ce type. Et Aymeril Hoang de déclarer : "Google et Apple comptent proposer une application clef en main, entièrement packagée, où les Etats (...) n'auraient plus qu'à mettre leur logo". Et d'enfoncer le clou : "Cela veut dire que sur un plan technique, Google et Apple définissent eux-mêmes quand une personne doit être prévenue qu'elle a croisé une personne contaminée (distance entre les deux, temps d'exposition...). Cela veut dire également qu'ils gardent les identifiants des téléphones concernés, qu'ils définissent le "protocole" de fonctionnement: A titre personnel, je pense que cela pose d'énormes enjeux de souveraineté numérique."
Aymeril Hoang a rappelé que le gouvernement est pour l'instant dans une "logique de collaboration (...) et de négociation" avec Apple et Google, car toute application de traçage des contacts aura besoin "d'avoir accès à un certain nombre de fonctionnalités des terminaux" dont la clef est détenue par les deux géants américains. "Si ces négociations n'aboutissaient pas, et si nous n'avions pas d'autres choix que de reprendre la solution clef en main de Google et Apple, je pense qu'il y aurait des arbitrages et des priorités à établir, que ça devrait tous nous interroger collectivement et en premier lieu la représentation nationale sur ce que cela signifie en terme d'indépendance et de souveraineté sur ces questions numériques".
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