La blockchain sera-t-elle bientôt la solution radicale qui mettra fin à la contrefaçon de médicament ? La réponse est affirmative pour Anca Petre, directrice et consultante de 23 consulting* qui met en doute la traçabilité au sein de la chaîne de distribution du médicament. Que permet cette nouvelle technologie ? La blockchain serait l'outil idéal de traçabilité permettant le stockage et l'échanges de données, et opérant de manière complètement transparente et sécurisée. A l'origine, elle servait de base à la création et à la circulation des crypto-monnaies (bitcoins). La procédure est la suivante : chaque transaction entre deux parties prend la forme d'un smart contract. Ce "contrat intelligent" comporte une empreinte qui s'ajoute à une chaîne d'autres transactions déjà effectuées auparavant, formant une chaîne, la blockchain. En théorie, il est impossible de dissocier les ordres ou blocs les uns des autres et de falsifier ce qui ressemble à un gigantesque registre.
La pharma attend des standards
Sur le terrain, pour améliorer la traçabilité du circuit du médicament, certains laboratoires pharmaceutiques ont déjà créé des POC (proofs of concept) afin de créer des champs d'expérimentation. Mais il existe encore un manque de réglementation qui empêche l'ensemble des acteurs de la pharma de se saisir pleinement de la question blockchain. Ceux-ci réclament des standards et quand ils les auront ils s'y plieront, indique en substance Anca Petre. La culture europénne n'est pas non plus un atout pour mettre en place cette nouvelle technologie : « Actuellement, l'approche du circuit du médicament en Europe est très centralisée en raison d'un hub européen qui regroupe toutes les informations liées à la distribution d'un médicament. » Dans ce cas de figure, nous sommes très loin de la vision décentralisée de la blockchain. Cette nouvelle technologie serait plus dans l'ADN des laboratoires américains.
Transparence dans les essais cliniques
Elle serait également nécessaire pour apporter de la transparence dans les essais cliniques, autre cheval de bataille de l'industrie pharmaceutique. Cette dernière en effet pourrait utiliser la blockchain pour authentifier les résultats des essais cliniques. « C'est le processus de collecte des données en amont qui doit être sécurisé, plutôt que le résultat final », insiste Anca Petre. Le Dr Mehdi Benchoufi, chef de clinique en épidémiologie (Hôpital Hôtel Dieu, AP-HP) partage cet avis en pointant le flou de la méthode utilisée pour les essais cliniques. Résultat, les études affichent encore un taux de non-reproductibilité de 70 %. Le fait de pouvoir tracer les données, de les ordonner dans le temps avec la blockchain serait une grande avancée pour éviter tous les biais et toutes les fraudes en la matière.
* D'après un colloque organisé par Medicen et IBM France le 13 avril 2018 : "La blockchain va-t-elle transformer le secteur de la santé ?"
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