La santé est un sujet important pour 93 % des Français, qui estiment qu’en prendre soin est une priorité. C’est l’un des chiffres du Bulletin de santé des Français 2023, publié par l’association des laboratoires pharmaceutiques Nères, réalisé par Toluna-Harris Interactive. Cette étude a été réalisée en ligne du 24 au 31 mai 2023, auprès de 2 018 personnes représentatives de la population française de 18 ans et plus, selon des méthodes de quotas.
Et si l’importance de la santé aux yeux des Français n’est pas une surprise, cette étude fait ressortir quelques contradictions. En effet, 89 % des Français estiment que l’obligation à l’installation des médecins serait une solution efficace pour lutter contre les déserts médicaux. Un chiffre révélateur d’une demande de solution face à la pénurie de médecins. Pourtant débattue à l’Assemblée dans le cadre de la proposition de loi Valletoux, cette disposition a été écartée par les députés.
Le généraliste, toujours porte d’entrée du système de soins
Dans le même temps, 88 % des Français déclarent avoir un médecin généraliste traitant. Une baisse notable par rapport aux 95 % déclarés en 2022. Dans le détail : 24 % estiment qu’il est difficile (voire très difficile pour 7 %) de se rendre chez un médecin. Ce constat est plus marqué pour les populations qui déclarent une dégradation de leur santé (35 %). La principale raison avancée est le manque de généralistes, entraînant des délais de prise de rendez-vous trop longs (66 %).
Toutefois, l’omnipraticien continue d’incarner l’un des principaux réflexes face aux maux du quotidien, notamment pour les renouvellements d’ordonnance (40 % des motifs de consultations), le diagnostic de symptômes légers (36 %) et par manque de possibilité de se procurer au comptoir des traitements connus mais uniquement disponibles sur ordonnance (21 %).
Les Français sont a contrario 96 % à juger l’accessibilité du pharmacien extrêmement aisée. Une large majorité leur fait confiance par ailleurs pour traiter les maux du quotidien (92 %), faire de la prévention (91 %) mais aussi les orienter si besoin vers le professionnel de santé adéquat (91 %).
65 % des Français ne connaissent pas les SAS
Par ailleurs, les Français expriment trouver le système de soins complexe (67 %). Près de sept personnes interrogées sur dix déclarent avoir des difficultés pour comprendre quel spécialiste consulter sans passer préalablement par un médecin généraliste (72 %). Une proportion quasi identique s’agissant de savoir ce qui est remboursé ou non par la Sécurité sociale (75 %) ou par leur mutuelle (72 %).
Ceci entraîne un renoncement aux soins (45 %, jusqu’à 58 % chez les 18-35 ans). Lequel semble plus lié à cette complexité qu’à un manque de moyens financiers, puisque 14 % des Français affirment avoir eu besoin de consulter un généraliste mais y avoir renoncé pour des raisons économiques.
Dans ce contexte, les dernières réformes mises en place par les pouvoirs publics pour fluidifier les prises en charge sont, bien que nombreuses, peu connues des Français. En effet, une grande majorité ne connaissent pas ce que sont les contrats locaux de santé (75 %), les communautés professionnelles territoriales de santé (73 %) ou encore les services d’accès aux soins (65 %).
De plus, pour ceux qui connaissent ces réformes, moins de 25 % d’entre eux les jugent tout à fait efficaces pour simplifier le système de soins. Si 84 % des Français ont toujours confiance dans le système de santé, 58 % ont toutefois le sentiment que celui-ci se dégrade, une tendance qui s’accentue par rapport à 2022, avec une hausse de six points.
Une détérioration de la santé observée
En l’espace d’une année, 19 % estiment que leur santé physique s’est détériorée, 22 % leur santé mentale. Une tendance plus marquée chez les femmes, dont la dégradation est de 27 % pour la santé mentale ; 23 % pour la santé physique contre respectivement 17 % et 15 % chez les hommes. Les raisons avancées pour une détérioration de la santé mentale sont les facteurs liés à leur vie personnelle (53 %), les préoccupations économiques et financières liées au contexte économique et leurs conséquences ressenties en matière de pouvoir d’achat (46 %), ainsi que le contexte politique national et international, à hauteur de 31 %.
Les Français, attentifs à leur santé, ont le sentiment d’être bien informés à 85 %, mais souhaitent améliorer leur connaissance à 82 % (jusqu’à 86 % pour les 18-34 ans). Dans le détail : 30 % se considèrent en mauvaise santé contre 19 % en très bonne santé (plus prégnant chez les catégories aisées, 21 %).
Côté prévention, 78 % font attention à leur alimentation, 62 % pratiquent une activité sportive. Les comportements pouvant être classés « à risque » sont déclarés minoritaires : 20 % déclarent consommer deux verres d’alcool ou plus par jour et 12 % avoir des rapports sexuels non protégés avec de nouveaux partenaires, même s’ils sont plus fréquents chez les jeunes de 18-34 ans. Enfin, 91 % des Français jugent la prévention en santé capitale, mais 55 % de la population totale regrette que cet aspect soit insuffisamment mis en œuvre par les pouvoirs publics.
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