L'avis du Comité consultatif national d'éthique rendu le 16 mai dernier fera date. Intitulé "Enjeux éthiques du vieillissement : des pistes pour l'action" (avis n°128), il n'est pas seulement éthique, mais se veut politique. Son constat est acablant : « Aujourd'hui, le grand âge s'accompagne souvent de mise à l'écart, de prise en charge inadaptée, d'une souffrance des personnes elles-mêmes et de leurs accompagnants.» Rien n'est épargné à nos gouvernants passés et actuels qui n'ont pas su ou pu mettre en place jusqu'ici une branche dépendance, voeux déjà exprimé par la ministre de la Santé de l'époque Roselyne Bachelot.
« Agisme »
En plus de la question des moyens, c'est à une redéfinition totale du grand âge qu'appelle le Comité. Celui-ci dénonce la conception des vieux par notre société, à savoir l'âgisme. Cela se traduit évidemment dans la prise en charge des soignants. Par exemple, pour une personne âgée qui met trop de temps à se déshabiller en consultation, l'examen se fait au travers des vêtements. Commentaire du Comité : « C'est ainsi que la mauvaise pratique peut conduire à la méconnaissance de signes cliniques qui auraient pu permettre la reconnaissance en temps utile de pathologies majeures. »
Développer les soins hors les murs
Au-delà du constat critique, le Comité propose plusieurs pistes d'amélioration dont la création d'un cinquième risque de la Sécurité sociale pour la dépendance. Concernant le système de santé en tant que tel, le Comité s'est attaché aux personnes polypathologiques : « L'hôpital de demain mais aussi les Ehpad devront aller hors les murs pour permettre aux offres de soins de se déplacer vers les personnes plutôt que de contraindre les personnes à se déplacer vers elles, comme c'est le cas aujourd'hui. » Et, pour enfoncer le clou, une politique respectueuse des personnes fragiles devrait se donner le moyen de les protéger, et de les considérer comme une richesse, et non comme une charge, ce qui « honorerait la notion de démocratie ».
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