Valérie Pécresse bientôt aux commandes de l’ARS Île-de-France ? Dans le premier cahier de propositions de « Libres ! », mouvement politique qu’elle a fondé au sein du parti Les Républicains, la présidente de l'Ile-de-France souhaite responsabiliser les régions pour résoudre la désertification médicale, et notamment placer les présidents de région à la tête des agences régionales de santé (ARS).
Avec ses propositions, Valérie Pécresse entend « redonner ses lettres de noblesse à la médecine libérale ». Et pour cela, l'ex-ministre mise sur une approche « plus qualitative » de la pratique médicale. « Les plans et les mesures récentes se concentrent sur la revalorisation des actes des médecins. Le vrai problème, ce sont les conditions de travail », diagnostique-t-elle.
« Il y a une nécessité de mettre en place une véritable politique régionale de santé », a affirmé jeudi le député de Seine-Saint-Denis Alain Ramadier lors de la présentation à l’Assemblée nationale du cahier de propositions, dont il est l'un des rapporteurs. L’élu plaide donc pour conférer aux régions une « capacité de prise de décision ».
Non au conventionnement sélectif
Le cahier de « Libres ! », qui contient au total 17 propositions, préconise la création d’un statut d’infirmier praticien, l’instauration de la certification des praticiens ou encore, comme l’a fait Agnès Buzyn récemment, d’en finir avec le tout-paiement à l’acte.
« Il faut mettre fin au paiement à l'acte seulement. Repensons à une rémunération forfaitaire. Mais pas dans l'esprit qui est celui de la ROSP, qui ne définit pas d'objectifs suffisament clairs et est devenue quasi automatique. Refixons une rémunération forfaitaire en complément de celle à l'acte et fixons des objectifs de santé publique clairs, parfaitement quantifiables et vérifiables. Et assurons-nous avant de la verser que ces objectifs ont été remplis », clame Jean-Carles Grelier.
Et le conventionnement sélectif dans tout cela ? Ce n'est pas la solution pour Valérie Pécresse, qui prend sur ce point le contre-pied de sa famille politique. « Nos propositions n’inciteraient-elles pas plus que la contrainte à s’installer en zone carencée ? Pourquoi un médecin rural ne pourrait-il pas gagner davantage qu’un confrère de ville », interroge-t-elle. « Je veux redonner de l’attractivité au métier de médecin de campagne », affirme la présidente francilienne.
Numerus clausus et Ondam régionaux
Pour Jean-Carles Grelier, rapporteur du cahier et auteur d’un livre blanc présenté la semaine dernière, l’échelle régionale est « la plus pertinente ». Le député recommande donc de revenir à la régionalisation de la formation médicale afin de coller au plus près des besoins régionaux. « Rendons souple le numerus clausus, adaptons-le à la capacité de formation des territoires. Il doit être variable », dit le député de la Sarthe.
« Libres ! » souhaite également le passage à un Ondam régional, un changement « bien loin d’être technique », estime Alain Ramadier. « Ça permettrait de construire des politiques de santé adaptées aux besoins », insiste-t-il.
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