Economies : Touraine rassure les patients, la CSMF s’inquiète pour les médecins libéraux

Publié le 24/04/2014

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Marisol Touraine a voulu rassurer jeudi quant aux objectifs d'économies fixés pour l'assurance maladie (10 milliards). "Les Français ne seront pas demain moins bien soignés qu'aujourd'hui", a expliqué la ministre de la santé sur Europe 1 , assurant de nouveau "qu'il n'y aurait pas de nouvelles franchises ni de déremboursements". Elle mise sur une "réorganisation du système" de santé, notamment en "soignant davantage en proximité", en développant la chirurgie ambulatoire ou encore en organisant une "mutualisation" entre les hôpitaux, où il y a "des difficultés de gestion". "Nous pouvons soigner bien, un peu moins cher", a-elle assuré.

Des propos destiné au grand public, mais qui risquent de ne pas apaiser le monde de la santé. Jeudi, la CSMF a exprimé son inquiétude face aux Ondam resserrés annoncés par le gouvernement. Le syndicats de Jean-Paul Ortiz redoute de "voir resurgir le spectre de la maîtrise comptable". Dans un communiqué, il estime que dans ce contexte, le gouvernement doit "procéder à la déshopitalisation du pays en donnant à la médecine libérale les moyens d'assumer le transfert des activités qui ne justifient pas, ou plus, d'être effectuées en milieu hospitalier". La CSMF réclame "des moyens pour que la médecine libérale puisse remplir ces objectifs dans les meilleures conditions" afin que "l'hôpital public puisse se réformer et revenir à davantage d'efficience". Concrètement, cela signifie pour elle "que la progression du sous-Ondam de ville soit significativement supérieure à celle du sous-Ondam hospitalier". Si tel n'est pas le cas, "alors le plan d'économie portera en lui les germes de son échec et le gouvernement en sera seul responsable", prévient-elle.

Dans une logique inverse, le mouvement de défense de l'Hôpital public (MDHP), qui regroupe des médecins, soignants et patients, estime qu'il "ne faut plus diminuer les dépenses publiques en augmentant les dépenses privées". Selon lui, "le plus simple mais le pire consisterait pour le gouvernement à continuer à réduire la progression de l'Ondam, mettant ainsi plus de 50% des hôpitaux en déficit".


Source : lequotidiendumedecin.fr