Premier enjeu soulevé par le Premier ministre Edouard Philippe, la revalorisation. "Elle sera significative, a-t-il insisté, comme le sera le niveau de l'Ondam dans les années à venir." Il a évoqué également les déroulés de carrières et les métiers eux-mêmes. Et de revenir sur la question du temps de travail, déjà évoquée par le ministre de la Santé Olivier Véran précédemment. "Cette question n'est pas taboue. La crise est l'occasion de débloquer le statut du médecin à l'hôpital. Tel qu'il existe aujourd'hui, je ne suis pas convaincu que le statut de praticien hospitalier soit le seul adapté aux besoins et aux aspirations des jeunes médecins." Plus en détails, les conditions d'exercices à la variété des parcours devront être adaptées, mais aussi l'engagement dans les activités cliniques, de recherche, d'enseignement, de management.
L'investissement et les modalités de financement de l'hôpital
Ensuite, Edouard Philippe a évoqué la reprise de la dette (10 milliards d'euros) de l'hôpital public déjà annoncée fin 2019 et le lancement du plan d'aide à l'investissement de proximité de 152 millions d'euros par an : "Il faut aller plus loin : nous lancerons un vaste plan d'aide à l'investissement de proximité qui viendra compléter cette reprise massive de dette. Il faut aussi réorienter ces investissements dont une partie devra être orientée vers les territoires afin d'accélérer les coopérations entre la ville, l'hôpital, le médico-social et entre public et privé. Dans cette optique, les règles de fonctionnement du Copermo devront être revues."
Concernant la T2A, la volonté du Premier ministre est de poursuivre cette réforme déjà engagée afin que la part de la qualité passe à 2 milliards d'ici à 2022, soit au-dessus de 50 % et donc réduire encore plus la part de la T2A. Car "ce système a montré toutes ses limites. Il faut en trouver un plus intelligent, plus respectueux de la qualité des soins, de la qualité de travail des soignants, et moins ancré sur la nécessité de multiplier les actes pour dégager des recettes. C'est facile à formuler, mais c'est plus difficile à mettre en oeuvre", a-t-il plaidé.
La levée des freins à la réforme du système de santé
"Des procédures vécues comme des carcans ont été suspendues pendant la crise. Cette dernière nous a imposé comme par nécessité un choc de simplification. L'enjeu est de sortir du mode de gestion de crise tout en conservant les simplifications", a souligné le Premier ministre, tout en faisant appel à l'ensemble des acteurs de santé pour lever ces barrières.
La réforme de la gouvernance
Sur ce point, le Premier ministre n'est pas favorable à un changement des règles de gouvernance, qui au contraire selon lui ont bien fonctionné pendant la crise. Il insiste plutôt sur "les règles de management" et sur leur efficacité. Ce qui "a responsabilisé chacun dans son rôle avec des vraies possibilités d'agir". Il recommande par exemple la généralisation des délégations d'enveloppes au niveau des services, qui ont permis d'obtenir plus rapidement du matériel.
Nouvelle organisation du système de santé dans chaque territoire intégrant l'hôpital, la médecine de ville et le médico-social
"Les retours d'expérience devraient permettre d'identifier les meilleures pratiques et d'en tirer les meilleurs enseignements", a expliqué le Premier ministre qui cite notamment les CPTS et les assistants médicaux qui ont été bien présents pour aider à gérer la crise.
Le numérique
"Il faut mieux exploiter les données et que nos hôpitaux les partagent plus", a demandé le Premier ministre. Qui a loué les vertus de l'Espace numérique de santé mis en service le 1er janvier 2022 : "S'il avait été en service, il aurait grandement favorisé le suivi des patients à domicile, les interactions des patients Covid ou non avec leurs médecins, et le suivi des données permettant d'améliorant la connaissance de la maladie."
La santé publique et la prévention : à ne pas oublier !
Plus surprenant dans ses propos, le Premier ministre a souligné le fait que la carte du nombre de morts de la Covid-19 correspond (souvent) à celle des inégalités territoriales. Et d'appeler au lancement d'une vraie réflexion en matière de santé publique et de prévention par les participants au Ségur de la santé.
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