Créée pour enrayer la désertification médicale, l'aide à l'installation a bénéficié à seulement 20 % des praticiens nouvellement installés ces dernières années dans les zones déficitaires d'Île-de-France et beaucoup n'en ont jamais entendu parler, a déploré ce jeudi 6 octobre l'Union régionale (URPS) des médecins libéraux.
En quatre ans, de 2018 à 2021, près de 1 746 médecins se sont installés dans une « zone d'intervention prioritaire » francilienne, mais « seulement » 365 ont signé un contrat d'aide à l'installation avec la Sécu, relève l'URPS dans un communiqué le 6 octobre.
Doté de 30 000 à 60 000 euros selon les cas, ce dispositif conçu en 2016 a pour objectif de « lutter contre la désertification médicale », rappelle l'Assurance maladie sur son site internet. Les résultats ne sont pas au rendez-vous, pour l'URPS : fin 2021, seuls 2 085 praticiens avaient reçu cette subvention au niveau national.
Un défaut de communication de la Cnam
Afin de comprendre « pourquoi ils sont si peu nombreux à signer » en région parisienne, l'URPS a réalisé un sondage au début de l'été auprès des 1 746 récemment installés en « zone déficitaire », recevant près de 280 réponses.
Pour ceux qui n'ont pas bénéficié de l'aide, près de 40 % ne rentraient pas dans le cahier des charges, 35 % ne souhaitaient pas d'aide publique et 26 % n'avaient « pas été informés de son existence ».
La preuve d'un défaut de communication des pouvoirs publics, estime le Dr Valérie Briole, présidente de l'instance francilienne, qui confie que « si la Sécu n'est pas capable de le faire, ça ne va pas ». Elle pointe également les contreparties exigées (exercice en groupe, tarifs limités, participation aux gardes), qui ont dissuadé une partie de demander l'aide à l'installation : « on invente des procédés restrictifs et complexes, puis on dit que ça ne marche pas ».
Des retards pour la moitié des versements
Pour les médecins ayant bénéficié de l’aide, ils ont majoritairement été informés par des collègues (44 % d’entre eux), via l’URPS ou lors de la permanence locale d’aide à l’installation (24 %), lors du rendez-vous avec la CPAM (17 %). Seulement 10 % ont bénéficié de cette information durant leurs études. 50 % pointent des retards dans le versement dus dans 50 % des cas à des problèmes de communication avec les CPAM.
Malgré ces lacunes, l'URPS défend tout de même le dispositif et plaide pour « l'ouvrir à tous ceux qui le souhaitent ». Consciente que le gouvernement « n'est pas prêt à revaloriser le prix de la consultation de base », le Dr Briole juge que cela « peut permettre de sauver quelques installations ». Selon l'URPS, 91 % des bénéficiaires répondants sont tout à fait ou plutôt satisfait du dispositif.
(Avec AFP)
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