À l’occasion d’une table ronde sur « le futur de la structuration des soins primaires », dans le cadre de leur 60e Congrès, les centres de santé ont pu interpeller les pouvoirs publics sur l’avenir de leurs structures.Et ces derniers leur ont donné quelques gages de bonne volonté.
Katia Julienne, directrice générale de l’offre de soins (DGOS) a rappelé que le ministère de la Santé est « très favorable au développement des structures d’exercice coordonné, quelles que soient les modalités ». L’objectif affiché du quinquennat étant un doublement des centres et maisons de santé, la DGOS est donc prête à encourager cet essor.
Pour le futur de ces structures, la directrice regarde aussi de très près l’expérimentation Peps (paiement en équipe de professionnels de santé en ville) qui coure jusqu’en 2023 dans plusieurs centres de santé et MSP. « J’aime beaucoup cette expérimentation car il y a un vrai sujet pour trouver un équilibre financier pour les centres de santé », a expliqué Katia Julienne.
Dans les chantiers prioritaires, Katia Julienne a noté aussi la nécessité d'un meilleur maillage sur le territoire d’une prise en charge coordonnée entre le médical et le médico-social notamment. « Il faut aussi plus de recherche en soins primaires, mettre le paquet là-dessus », a-t-elle affirmé. Interrogée sur la revendication des centres de santé de créer un statut de praticien ambulatoire, pour aider, entre autres, à l’attractivité des carrières, la DGOS a botté en touche : « je n’ai pas de scoop à annoncer aujourd’hui. On ne va pas le faire demain matin ».
Revalos conventionnelles en vue
L’Assurance maladie, elle, ne s’est pas montrée aussi catégorique. Représentée au Congrès par Marguerite Cazeneuve, directrice déléguée à la gestion et à l'organisation des soins, cette dernière a reconnu qu’après le Ségur persistaient « des trous dans la raquette ». « Nous avons créé des incohérences qui portent préjudice à certaines structures et à l’offre de soins », a-t-elle admis.
Et au-delà des rémunérations, les centres de santé peuvent espérer des revalorisations, notamment dans le cadre des négociations conventionnelles de l’ACI (accord conventionnel interprofessionnel) qui vont se rouvrir.
Marguerite Cazeneuve a redit que, comme cela avait déjà été discuté lors du premier volet de la négociation en 2020, la mission de gestion d’une crise sanitaire allait faire l’objet d’un financement adhoc.
« C’est une vraie mission qu’on veut confier aux centres de santé avec une partie de financement pérenne et une autre à activer en cas de crise », a assuré la directrice déléguée.
Alors que la crise sanitaire a mis un peu plus en lumière les inégalités sociales de santé, les pouvoirs publics veulent aussi développer des actions de santé communautaire adaptées, « l’action du dernier kilomètre ». Marguerite Cazeneuve a donc laissé entendre que l’Assurance maladie avait la volonté de financer davantage les missions sur l’accueil des publics vulnérables.
« Il faut qu’en tant que financeur nous prenions en compte cette spécificité d’accès aux soins que vous portez, qu’on la revalorise. Si les centres de santé ne sont pas là pour faire de l’innovation et de l’accueil des publics précaires et éloignés du soin, il n’y a plus personne pour le faire », a-t-elle souligné.
Dans le cadre de l’avenant 4, une aide financière devrait aussi être négociée pour faciliter l’accueil par les centres de santé d’infirmier de pratiques avancées (IPA).
Une place aux négos ?
Sans trop s’avancer sur le sujet, Marguerite Cazeneuve a aussi laissé entendre que l’Assurance maladie travaillait sur la question de la représentation des centres de santé lors des négociations conventionnelles : « il y a effectivement quelque chose à revoir là-dessus avec la place qu’on veut prépondérante des MSP, centres de santé et CPTS dans les années à venir. Mais ce n’est pas un sujet facile ».
DGOS, Assurance maladie et ARS ont d’ailleurs encouragé les centres de santé à prendre toute leur place au sein des projets de CPTS. « Nous avons besoin que vous y participiez », a insisté Katia Julienne. Comme c’est le cas en Île-de-France où sur la soixantaine de projets de CPTS, 23 sont initiés par des centres de santé.
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