Près de deux mois après la mise œuvre de la mission flash menée par François Braun, depuis nommé ministre de la Santé, le second comité de suivi et d'évaluation de ce plan s'est réuni ce mardi 30 août.
Et même si l'été et la mission flash ne sont pas finis, cette réunion a été l'occasion de faire un premier point d'étape sur les mesures engagées tout au long de l'été.
La catastrophe évitée
Et selon le Dr Duquesnel, président des Généralistes CSMF, l'ensemble des acteurs, y compris le ministère, s'est accordé à dire que la « crise qui avait été annoncée cet été n'avait pas eu lieu ».
« Grâce à l'investissement de tous, y compris des usagers qui ont appris à utiliser avec parcimonie le système de santé, nous avons évité le pire. Le nombre d'appels dans les centres 15 a diminué, le nombre de passage dans les services d'urgence aussi… Tout le monde s'est relevé les manches, la médecine ambulatoire, les hôpitaux et en particulier les médecins libéraux ! »
Présenté par le ministère lors du comité de suivi, le nombre de soins non programmés enregistrés cet été en témoigne mais il est, selon les syndicats, « largement sous estimé ». « Et le ministère l'a reconnu », ajoute le Dr Luc Duquesnel.
Les chiffres qui proviennent de la Cnam révèlent ainsi, qu'en juillet, 6 403 actes de soins non programmés ont été enregistrés. Ce chiffre s'élève à 16 203 pour le mois d'août (chiffre arrêté le 25 août).
Sur les deux mois de juillet et août, 2 016 professionnels de santé, en majorité des médecins, et 40 centres de santé ont coté des soins non programmés.
Certains freins pour les généralistes
Mais pour le généraliste de Mayenne ces chiffres sont bien en dessous de la réalité car certains de ces soins n'ont pas pu être cotés tandis que d'autres n'ont pas été pourvus.
Avec une meilleure organisation des centres 15, les médecins auraient pu prendre davantage en charge des SNP.
« Dans certains départements comme la Mayenne, où 40 % des médecins généralistes étaient volontaires pour prendre en charge des soins non programmés, les centres 15 n'avaient pas le temps de nous envoyer les patients car ils ont manqué de ressources humaines. Cela a posé problème car ils étaient parfois amenés à nous les envoyer le soir après 20 heures, sur des périodes de permanence de soins… », ajoute à son tour le Dr Luc Duquesnel.
Au contraire sur les territoires dotés du service d'accès aux soins (SAS), les médecins ont davantage pu prendre en charge les soins non programmés. « Ils avaient déjà les ressources humaines (opérateurs de soins non programmés) et cela a grandement facilité les choses », a informé le Dr Duquesnel lors du comité de suivi.
Autre frein soulevé pendant la réunion ? La difficulté pour les médecins libéraux d'utiliser des transports sanitaires pour que les patients puissent être réorientés vers eux.
« Nous avons eu beaucoup de remontées de médecins qui n'ont souvent pas pu avoir de transports sanitaires », indique le Dr Corinne Le Sauder, présidente de la FMF, également présente au moment de la réunion.
Les rendez-vous non honorés, sur orientation du SAMU, ont également été nombreux, selon la généraliste qui souhaite que le ministère s'empare de cette problématique.
Travailler en bonne entente
Mais, globalement, « si tout n'est pas rose », selon les mots du Dr Luc Duquesnel, les discussions restent « très constructives ».
« Nous sommes parvenus à passer l'été de façon satisfaisante. Les freins sont identifiés et nous allons continuer à travailler ensemble. Il faut que l'on continue à avoir cette boîte à outils qui soit adaptée à chaque territoire », estime-t-il.
En vue de la fin de la mission flash fin septembre, un troisième comité de suivi sera organisé le 13 septembre prochain.
L'IGAS doit par ailleurs rendre très prochainement une évaluation sur l'efficacité des 41 mesures déployées cet été ainsi que sur la régulation médicale.
Dès l'adoption de la mission flash fin juin, le minsitère avait annoncé que ces mesures feraient l’objet d’une évaluation à l’issue de la période estivale pour savoir si elles devaient être reconduites.
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