« La vérité, c'est qu'on ne sait pas exactement encore quand ce variant va se déployer, mais l'expérience nous conduit à dire qu'il faut s'y préparer car finalement les variants finissent toujours par s'imposer », a alerté le Premier ministre Jean Castex, au micro de France Bleu Provence mardi 14 décembre.
« Même si la circulation (d'Omicron) aujourd'hui en France demeure faible, notre devoir c'est d'anticiper sur la base de ce qu'on sait, a plaidé Jean Castex. Les Anglais disent qu'il est beaucoup plus contagieux que Delta, qui lui-même était plus contagieux que ses prédécesseurs, mais qu'il n'entraîne pas nécessairement des formes plus graves et qu'il ne résiste pas à la troisième injection ».
Le Premier ministre s'est cependant voulu rassurant sur la rentrée scolaire après les vacances de fin d’année : « Il faudrait que la situation sanitaire soit catastrophique pour recourir à la fermeture des écoles, ce n'est pas nos intentions, (...) nous ne devrions pas avoir à prendre ce type de mesures », a-t-il insisté, en soulignant que « le taux de reproduction (du virus) commence à décélérer ».
Le Conseil scientifique met en garde
Cette prise de parole fait suite à l’avis du Conseil scientifique, daté du 8 décembre et publié la veille. Selon lui, le variant Omicron semble se répandre « extrêmement rapidement » et pourrait connaître « une croissance rapide en France. L’impact se fera sentir « dans les semaines qui viennent », a-t-il alerté, si bien qu’il pourrait remplacer « progressivement le variant Delta dans les prochaines semaines de 2022 ».
« Il est donc essentiel d'éviter, dans les semaines qui viennent, l'apparition de clusters géants qui accéléreraient cette dynamique », prône le Conseil scientifique. À quelques jours de Noël, les grands évènements « pouvant conduire à des clusters géants » doivent donc « être évités », exhorte-t-il.
En France, si les taux de transmission restent similaires à ceux observés courant novembre, le pic pourrait atteindre 2 350 admissions à l'hôpital par jour, si l'on peut administrer un maximum de 400 000 doses de rappel par jour à compter du 1er décembre, souligne aussi le Conseil scientifique. Pour un maximum de 600 000 doses administrées par jour, le pic d'hospitalisations serait de 2 100 admissions par jour.
Une réduction de 10 % des taux de transmission à compter du 1er décembre pourrait par ailleurs réduire le pic des hospitalisations à 1 300, ajoute-t-il. Ces dernières 24 heures, 472 personnes atteintes du Covid ont été admises dans les hôpitaux français.
Renforcer les gestes barrières
« Un renforcement même léger des gestes barrières, du télétravail ainsi qu'une réduction des contacts peuvent avoir un impact très important sur l'impact sanitaire » de la vague actuelle due au variant Delta, selon l'instance. Un effort collectif qui « réduirait le risque de devoir mettre en œuvre des mesures plus contraignantes plus tard ». Néanmoins, « une explosion de cas Omicron pourrait fortement dégrader les projections », met en garde le Conseil.
Incitant à effectuer dès que possible une dose de rappel, il rappelle que les croisements entre différents types de vaccins sont possibles. La dose de rappel de Moderna est actuellement de 50 µg. « Elle pourrait être augmentée dans les semaines qui viennent à 100 µg pour induire une meilleure réponse immunologique vis-à-vis du variant Omicron », écrit le Conseil scientifique.
Pour la rentrée de janvier, il suggère par ailleurs un changement de stratégie de dépistage à l'école : le contrôle par le dépistage systématique « pourrait être plus efficace, bien que difficile au plan opérationnel, et présenterait l'avantage de dépister les asymptomatiques et pré-symptomatiques », estime-t-il.
(Avec AFP)
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