Alors que le sujet du grand âge et de l'autonomie est sous le feu des projecteurs depuis les révélations du livre de Victor Castanet, un nouveau rapport destiné à améliorer les parcours des personnes dépendantes et handicapées a été remis le 17 mars à la ministre déléguée en charge de l'Autonomie, Brigitte Bourguignon.
Réalisé par Dominique Libault, ancien directeur de la Sécurité sociale et actuel président du Haut conseil du financement de la protection sociale, ce document de travail fait suite à un premier rapport en 2019. Celui-ci devait servir de bases pour la loi grand âge, finalement abandonnée par le gouvernement.
Les parcours des soins toujours jugés trop complexes par les Français
Le ministère lui avait alors confié, en janvier 2021, une nouvelle mission destinée à poursuivre le travail sur la simplification des parcours des personnes en perte d'autonomie.
Mais trois ans après le premier rapport, les parcours des personnes âgées ou en situation de handicap sont toujours jugés complexes par les usagers.
« Les citoyens français considèrent les politiques de l’autonomie peu lisibles, complexes, sources d’inquiétude. (...) L’information sur les dispositifs d’information et d’accompagnement est nombreuse, mais éparpillée et peu lisible. (...) Les réponses professionnelles sont trop cloisonnées (en silos) et peu coordonnées », note Dominique Libault.
« Si la stratégie de développement de « parcours autonomie » est bien présente dans les politiques nationales (...) il demeure un hiatus entre les organisations mises en place suite aux orientations nationales et le vécu des usagers en perte d’autonomie, en situation de handicap, de leurs aidants, mais aussi des professionnels de santé et des secteurs sociaux et médicosociaux », précise le rapport.
Vers un service public territorialisé de l'autonomie
« Afin de garantir un parcours simplifié et des services de meilleure qualité » pour les personnes en perte d'autonomie, Dominique Libault préconise, au travers de 21 recommandations, de décloisonner les secteurs : social, sanitaire, médico-social, les collectivités territoriales...
Pour cela, il propose notamment la création d'un service public territorialisé de l'autonomie, sorte de guichet unique, déployé sur l'ensemble du territoire national. Selon lui, la mise en place de ce service « sera le moyen de mettre fin à (la) séparation » entre les différents acteurs concernés par la prise en charge des personnes dépendantes.
Le rapport précise : « Cette organisation nouvelle aura pour objectif de créer les conditions d’un rassemblement des acteurs de l’autonomie, institutionnels et professionnels des structures sanitaire, sociale et médico-sociale existantes (...) pour aboutir à une meilleure qualité d’accompagnement de la personne âgée et en situation de handicap ainsi que de ses aidants, que celle obtenue par les acteurs de manière individuelle et/ou sectorielle ».
Un guichet unique pour professionnels de santé, usagers, aidants...
Concrètement, ce nouveau service s'appuiera sur un guichet unique, porte d'entrée à la fois des usagers en perte d'autonomie, des aidants, des secteurs sociaux et médico-sociaux et des professionnels de santé. Ce guichet permettra notamment aux professionnels de santé de « faciliter leurs missions au service des personnes fragilisées par l’âge ou le handicap », indique le rapport.
Quatre missions socles seront par ailleurs assurées par le service public territorialisé de l'autonomie. À savoir l'accueil, l'information et la sensibilisation, l'orientation et la prévention ainsi que des actions d'aller-vers.
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