Fergus est âgé. Ahmed était jeune, hospitalisé pour une appendicite, en fait, une obstruction intestinale due à un cancer. Fergus avait passé une coloscopie pour faire plaisir à sa femme : elle avait raison. Lors des chimios, ils occupaient deux sièges contigus. Ils ont tout partagé : les effets émétisants des protocoles, les heures passées dans la salle de bain, les plats de la cafétéria, les enfants restés en Irlande et au Bangladesh, et l’Avastin. Chacun se donnant réassurance grâce aux secrets de l’Islam ou du Catholicisme, peu importe. Deux outsiders de la clinique d’oncologie où exerce le Dr Ranjana Srivastava (Melbourne, Australie).
- Docteur, je ne vois pas Ahmed aujourd’hui ? Demandez aux infirmières. Il est peut-être en retard. Je n’en sais rien. Aurait pu répondre le Dr Srivastava qui hésitait à transiger avec la règle cardinale : les praticiens ne parlent à leur patient des autres patients. Ahmed a été emporté par un abcès. Ferghus le distrayait lorsque les infirmières faisaient le pansement.
- Voulez-vous savoir quelque chose en particulier, Ferghus ?
- J’espère seulement qu’il n’a pas souffert.
- Non Fergus, Ahmed est mort en paix. Nous avons donné ce qu’il fallait pour contrôler sa douleur.
- Je ne voulais pas vous mettre dans l’embarras Docteur, mais je me sens mieux.
Il n’existe pas de protocoles pour partager l’information entre camarades de chimio. « Au contraire, écrit le Dr Srivastava. Dans les cliniques oncologiques il ya une règle tacite entre patients : ne pas parler des autres décès peut sauver la vie. Mais je peux pas m’empêcher de penser qu’Ahmed aurait été content de savoir que Fergus allait mieux. »
Privacy and All That , NEJM, 17 octobre
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