Trois ministres, Sylvie Retailleau (Enseignement supérieur et Recherche), François Braun (Santé) et Roland Lescure (Industrie) ont fait le déplacement à Villejuif pour le lancement du premier « Biocluster » dédié à l’oncologie, ce 3 février. Baptisé Paris Saclay Cancer Cluster (PSCC), ce « pôle d’excellence », créé autour de Gustave-Roussy (GR), doit devenir un site de référence international dans l'innovation en cancérologie.
« L'idée est de regrouper toutes les compétences sur la thématique de l'oncologie », explique le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, mais aussi de « se donner les moyens de retenir les talents, d'en accueillir de nouveaux », abonde le ministère de l'Industrie. In fine, l’objectif est d’accélérer les projets industriels en oncologie pour mettre en œuvre une « conversion scientifique en valeur », est-il ajouté.
L’inspiration de ce rapprochement vient de l’écosystème créé à Boston aux États-Unis, qui occupe la première place mondiale en oncologie avec plus de 13 000 publications, Paris arrivant deuxième avec plus de 11 000. La création d’un écosystème similaire vise à « attirer en France les industriels autour du cancer », mais aussi à être un « levier pour améliorer l’excellence du soin », indique le cabinet de François Braun.
« Capitaliser sur une dynamique déjà lancée »
Aux côtés des cinq membres fondateurs que sont GR, l’Inserm, Polytechnique, Sanofi et l’université Paris-Saclay, le PSCC regroupe déjà 31 start-up et des laboratoires comme AstraZeneca ou Novartis. Les collaborations entre ces acteurs ne sont pas nouvelles, le pôle doit plutôt « capitaliser sur une dynamique déjà lancée », est-il précisé. Le projet immobilier, qui représente 100 000 m2, doit permettre de « changer de dimension » et d’« entraîner un effet de levier », poursuit l'entourage de François Braun.
L’an dernier, lors de la présentation de son plan stratégique, GR détaillait déjà son ambition de créer, à l’horizon 2030, l’hôpital 3.0 du futur. À côté de ce « Smart Hospital », connecté et digitalisé, « notre ambition est de construire “le centre” d’oncologie prospective », indiquait alors le Pr Fabrice Barlesi, directeur général de Gustave Roussy. En termes de recherche, ce cadre doit permettre d’avancer vers « l’ultrapersonnalisation des traitements » via trois axes : « élargir le champ de la cancérologie et réviser la prise en charge de nos patients ; accélérer une recherche interdisciplinaire, synergique et concentrée ; et enfin, s’appuyer sur des investissements massifs dans l’immobilier et le digital », avait-il précisé.
Concrètement, le PSCC hébergera des projets « structurants », et notamment un regroupement des données de sept hôpitaux « qui pourront être mises à disposition des porteurs de projet » et une plateforme de thérapie cellulaire.
Au total, l’investissement devrait représenter 400 millions d’euros, avec un soutien de l’État à hauteur de 100 millions d'euros sur 10 ans, dans le cadre du volet santé du programme France 2030. Autour du site de GR à Villejuif, le chantier immobilier est déjà lancé. Il devrait aboutir en 2027, avec de premières livraisons attendues dès 2025. Au final, le projet pourrait déboucher sur la création de 5 000 à 10 000 emplois.
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