Comment aller plus loin dans le traitement des cancers ? La radiothérapie Flash pourrait changer la donne en utilisant des radiations à électrons à haute énergie (VHEE pour Very High Energy Electrons) pour traiter les cancers résistants aux traitements conventionnels.
Cette approche innovante est développée pour la première fois en Suisse dans le cadre d'un partenariat entre le centre hospitalier universitaire vaudois (Chuv), où est né le projet il y a plus de 10 ans avec le Pr Jean Bourhis, radio-oncologue, le laboratoire européen pour la physique des particules (Cern) et la société Theryq (groupe Alcen).
Le principe est de délivrer un faisceau de très haute énergie en quelques millisecondes, en une voire deux séances, quand la radiothérapie conventionnelle requiert plusieurs minutes par séance. « La radiothérapie Flash permet d'épargner les tissus sains sans épargner la tumeur », a expliqué le Pr Bourhis en conférence de presse.
Le mécanisme d'action n'est pas encore élucidé, « mais l'observation est là, a répondu le spécialiste. Différentes explications possibles sont en cours d'exploration. » Par rapport à la protonthérapie, élaborée il y a 40 ans, la technologie par électrons présente l'avantage d'être « plus facile, plus compacte et moins chère », a rapporté le Pr Bourhis.
« La technologie Flash représente un véritable espoir pour augmenter le potentiel de guérison des cancers à l’aide de la radiothérapie, et l’étape actuelle va permettre de réaliser des premiers développements cliniques cruciaux dans ce domaine », a déclaré le chef de service de radio-oncologie du Chuv.
Après le prototype Flashknife, bientôt le Flashdeep
Après des essais précliniques concluants (30 études) et un patient traité pour une tumeur cutanée en 2019, le développement se poursuit. Le prototype testé actuellement, le Flashknife, ne permet de délivrer la radiothérapie (10 MeV) qu'en superficie (jusqu'à 3 cm) ou en intra-opératoire. L'objectif désormais est de mettre au point le Flashdeep, un appareillage permettant d'atteindre des tumeurs profondes (jusqu'à 20 cm), à l'aide de VHEE de 100 à 200 MeV, soit 10 à 20 fois plus puissants que ceux du Flashknife.
Le plan de construction du VHEE Flash est lancé sur 2022-2024 pour une plateforme opérationnelle attendue d'ici à deux ans. Les premiers essais cliniques sont prévus à l'horizon 2025 dans les glioblastomes et des tumeurs non résécables, dans le but de démontrer une plus grande efficacité et moins d'effets indésirables.
Dans cet accord tripartite de développement, le Cern a relevé le défi de produire une dose élevée d'électrons de très haute énergie en moins de 100 millisecondes en concevant un accélérateur unique basé sur la technologie Clic (Compact Linear Collider). Avec la technologie VHEE, « les électrons chargés à haute énergie peuvent être concentrés et orientés d'une manière quasi impossible pour les rayons X », est-il précisé dans un communiqué.
Après avoir développé le Flashknife, la société de biotechnologie spécialisée Theryq produira Flashdeep, conçu en collaboration avec le Chuv et le Cern, la technologie Clic devant permettre une installation compacte et performante pouvant « facilement s'intégrer dans un campus hospitalier typique », lit-on.
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