Les chercheurs du Brigham and Women's Hospital (Boston) viennent de publier les premières données de phase 1 d'une thérapie génique du glioblastome utilisant un virus oncolytique à partir du virus herpès (HSV). Si l'objectif était d'évaluer la tolérance, cette nouvelle stratégie semble prolonger la survie des patients, en particulier ceux qui avaient des anticorps anti-HSV préexistants.
Le glioblastome est un cancer du cerveau particulièrement agressif et résistant aux traitements disponibles. Les immunothérapies n’ont pas montré leur efficacité contre le glioblastome récidivant, notamment parce que l’environnement tumoral est en grande partie imperméable au système immunitaire.
Pour rendre l'environnement propice à une réponse immunitaire, les scientifiques ont conçu, à partir du virus de l’herpès simplex, un virus oncolytique appelé CAN-3110, capable d'infecter les cellules cancéreuses et de stimuler une réponse immunitaire. Dans ce virus, ils ont intégré le gène ICP34.5, codant pour des molécules capables de déclencher une importante réponse pro-inflammatoire, tout en le programmant génétiquement pour qu'il n'attaque pas des cellules saines.
Patients préexposés au virus de l’herpès
L'essai, publié dans Nature a été mené sur 41 patients atteints de gliome de haut grade, dont 32 de glioblastome récidivant. Le protocole reposait sur une injection unique associée à un traitement ciblé anti-VEGF. La survie globale médiane était de 11,6 mois, ce que les auteurs mettent en perspective avec une estimation à 10 mois pour ce type de cancer. La survie globale chez les patients séropositifs à Herpes simplex 1 était de 14,2 mois versus 7,8 mois chez les séronégatifs.
Chez les patients présentant des anticorps préexistants anti-herpétiques (66 % parmi ceux ayant un glioblastome récidivant), les chercheurs ont observé des modifications du microenvironnement tumoral associées à l’activation immunitaire. La présence de ces anticorps a pu entraîner une réponse immunitaire rapide contre le virus, supposent les auteurs, ce qui a pu la rendre plus forte et augmenter les niveaux d’inflammation. Les événements indésirables les plus sévères étaient des convulsions rapportées chez deux participants.
Après le traitement par CAN-3110, les auteurs ont également observé une diversification de la réponse lymphocytaire. Ils supposent que cela est dû aux antigènes tumoraux libérés lors de la destruction des premières cellules tumorales, qui auraient à leur tour recruté de nouvelles catégories de lymphocytes T. Les chercheurs testent actuellement la sécurité de six injections maximum réparties sur quatre mois avant d'étudier plus précisément l’efficacité du virus oncolytique.
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