On connaît le principe d’action des inhibiteurs des SGLT2, nouvelle classe d’antidiabétiques oraux récemment introduite dans plusieurs pays (mais pas encore dans le nôtre) : abaisser drastiquement le seuil de réabsorption rénal du glucose. Son usage dans le DT2 est fort prometteur, son mécanisme d’action étant totalement indépendant du statut de l’insulinosécrétion comme d’insulinorésistance.
En toute logique, étudier ses effets chez les patients ayant un DT1 mal équilibré, ou en surpoids, ou à forte variabilité glycémique a été rapidement tentant. Plusieurs études sont déjà publiées avec les inhibiteurs des SGLT2 et des SGLT1 et 2 (14). Nous ne citerons ici que des données de MCG présentées par N Kuhadyia lors de sa présentation (Abs 130-LB). Elles sont spectaculaires, tant l’écrasement des profils glycémiques est marqué. Mais nous verrons plus loin que tout n’est pas si simple.
Triple thérapie spectaculaire
Les profils de MCG de certains patients DT1 sous pompe à insuline, avant puis après adjonction de liraglutide, montrent une forte amélioration mais avec la persistance d’excursions glycémiques. L’ajout de la dapaglifozine –un SGLT2-i– en triple thérapie, conduit alors à une évolution étonnante des profils de MCG, alors quasiment plats et en zone de normalité glycémique. De même, les effets du retrait successif de chacun de ces deux traitements aboutissent au retour à la variabilité glycémique antérieure. Pour l’équipe de N Kuhadyia, on tient là une des pistes majeures de traitement du DT1.
Des questions et des critiques
De nombreuses questions ont suivi cette présentation, on retiendra parmi les critiques que les auteurs eux-mêmes ont mis en garde contre les risques récemment rapportés d’acidocétose chez des diabétiques insulinopéniques sous inhibiteurs des SGLT2 (15). Ce risque serait surtout à craindre chez des patients pour lesquels les doses d’insuline ont été considérablement réduites.
De plus, sous cette classe, on sait aujourd’hui qu’il se produit une élévation des taux de glucagon, dont le mécanisme vient d’être éclairci (lire page 7).
Les questions ont aussi porté sur les différences d’effets que pourraient avoir les formes d’action longue de nouveaux analogues du GLP1 (exenatide hebdomadaire, dulaglutide, lire page 11), qui diffèrent donc du liraglutide. Mais on imagine que, si elles s’avéraient efficaces, elles seraient d’un usage plus commode, pour les patients DT1 en multi-injections d’insuline ou sous pompe, que les GLP1 d’administration quotidienne.
(2) Taylor SI et al. J Clin Endocrinol Metab. 2015 Jun 18:jc20151884. Epub
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