Bruno Detournay a rappelé qu’en 2007, les données ENTRED montraient qu’un diabétique de type 2 (DT2) sous insuline coûtait chaque année en moyenne 10 413 €, contre 3 625 € sous antidiabétiques oraux. Ce surcoût n’est-il pas le fait du passage à l’insuline ? En réalité, il convient de rappeler que beaucoup de DT2 passés sous insuline le sont lors d’une hospitalisation pour des complications sérieuses – liées au diabète ou à d’autres comorbidités – chez des sujets âgés, fragiles, vulnérables, lors d’assez longs séjours hospitaliers. C’est pourquoi le DT2 insulinotraité avait alors un coût hospitalier trois fois supérieur à celui d’un DT2 sans insuline, pour atteindre 3 800 €. Il en était de même pour les soins de ville, qui atteignaient 6 546 €/an. Le coût des médicaments était deux fois supérieur, pas uniquement du fait du prix de l’insuline, mais surtout lié à la prise en charge des comorbidités. Le poste qui croissait le plus avec la mise sous insuline était celui des soins infirmiers ambulatoires (x17), passant de 91 à 1 511 €/an.
En 2013, la situation est comparable, affichant un coût annuel de 3 879 € pour le DT2 non insulinotraité et 12 509 € sous insuline, avec une exacte stabilité des dépenses hospitalières – 3 718 € – et un coût ambulatoire accru modestement pour la pharmacie (2 811 versus 2 314 €). La dépense en auxiliaires médicaux atteint maintenant 2 811 € (x 20 versus DT2 sans insuline). Le différentiel de coût DT2 insuliné versus non insuliné est aujourd’hui de 8 630 €, contre 7 000 € en 2007.
Un taux de croissance cohérent
Entre 2007 et 2013, la moyenne des remboursements pour les DT2 traités par insuline a augmenté de 14 %, soit un taux de croissance annuel moyen (TCAM) de 2,2 % par an. Ce TCAM est donc très proche de celui de l’ensemble des dépenses de santé, estimées sur la base de la consommation de soins et de biens médicaux, qui a progressé en moyenne de 2,2 % depuis 2010.
Dans le détail, le TCAM des soins infirmiers de ville a été de 9 % (passé de 1 511 € à 2 536 € en 6 ans). Les montants remboursés pour les transports, les examens de biologie et les dispositifs médicaux ont également augmenté assez fortement (TCAM respectifs de 5,2 %, 3,7 %, 2,8 % par an). L’évolution a été beaucoup plus modérée pour les médicaments (TCAM : 1,4 % en moyenne par an). Pourtant, dans le discours des payeurs, des médias grand public et de certains lanceurs d’alertes professionnels, ce sont les dépenses de médicaments qui sont montrées du doigt, alors qu’elles ne constituent qu’une part restreinte du coût total et qu’elles ont été mieux maîtrisées, avec une croissance plus faible que celle tous les autres postes de dépenses.
L’hôpital reste stable
Le poids de l’hôpital est resté stable, le recours à une hospitalisation pour initier une basale chez un diabétique de type 2 ne concerne plus aujourd’hui que 10 % des cas. Encore un stéréotype bien ancré, remis en question. Pour Bruno Detournay, la part de l’hôpital a même légèrement diminué entre 2007 et 2013, mais les modes de valorisation sont un peu différents.
L’hôpital représente toujours plus de 30 % des dépenses des patients diabétiques de type 2 sous insuline. Toutefois, une analyse détaillée des séjours montre qu’une part importante d’entre eux est liée à des comorbidités ou complications survenues avant la mise sous insuline. Néanmoins, on observe toujours des hospitalisations dites « évitables », pour bilan, éducation thérapeutique, adaptation de doses.
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