UNE ÉQUIPE marocaine rapporte dans « La Presse médicale » une observation intéressante. L’histoire est celle d’un homme de 75 ans qui ne va pas bien : depuis cinq jours, il a des douleurs abdominales, d’abord périombilicales puis s’étendant rapidement à tout l’abdomen, des diarrhées de la fièvre et un amaigrissement. Le patient est en très mauvais état général, fébrile et inconscient. L’abdomen est très distendu et il existe une défense généralisée. À noter une hyperleucocytose à 23 000/mm3 et une acidose métabolique. Le patient fait un arrêt cardiaque récupéré.
A la radiographie, on découvre une distension intestinale diffuse. Le scanner montre des images aériques au niveau du foie et de la rate, un épanchement intrapéritonéal et une distension abdominale avec pneumatose diffuse. On fait une laparotomie exploratrice en urgence et l’on découvre une nécrose mésentérique étendue, en dehors de toute ressource thérapeutique. A la coupe, le foie laisse échapper des bulles : il s’agit d’une aéroportie. Le patient décède.
« L’aéroportie, expliquent les auteurs, a été décrite pour la première fois en 1955 par Wolfe et Evans sur des clichés radiologiques standards chez des enfants décédés de nécrose entérocolique. Pour expliquer la présence de gaz dans le système porte, on évoque trois mécanismes : les lésions de la muqueuse intestinale, l’augmentation de la pression intraluminale et le sepsis.
La radiographie de l’abdomen sans préparation montre typiquement une arborisation gazeuse en regard de l’aire hépatique. Le scanner est l’examen le plus sensible.
Le diagnostic différentiel se fait essentiellement avec l’aérobilie.
Le causes de l’aéroportie sont dominées par la nécrose intestinale (70 % des cas). Les autres causes sont les abcès intra-abdomonaux (appendicite, sigmoïdite), la maladie de Crohn, les colites ulcératives, l’ulcère gastrique, l’occlusion intestinale…
Abdelmounaim Ait Ali, Hakim Elkaoui, Sidi Mohamed Bouchentouf, Aziz Zentar et Khalid Sair. « La Presse médicale », janvier 2010, pp. 156-158.
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