Si les contributions des principaux gouvernements donateurs continuent de chuter, ce sont près de 2 décennies de progrès qui pourraient se retrouver en danger. C'est en substance ce qui ressort des travaux présentés ce mercredi lors de la conférence internationale sur le sida (AIDS 2018), qui se tient à Amsterdam jusqu'au 27 juillet. Des travaux des chercheurs de l'institut pour l'évaluation et de la mesure de la santé et l'école de santé publique de l'université Havard, montrent que les coupes budgétaires pourraient durement frapper les pays dont la lutte contre l'épidémie dépend en grande partie de l'aide internationale.
Annie Haakenstad, de l'école de santé publique de Havard, a présenté ses évaluations de l'aide fournie par 188 pays entre 2000 et 2015. En 2015, elle se montait à 48 milliards de dollars (41 milliards d'euros), dont 62 % provenaient des ressources domestiques et 30 % de l'aide au développement. Dans les pays à forte prévalence, près de 80 % de l'aide vient de la communauté internationale. C'est pour ces derniers pays qu'une baisse des contributions internationales est la plus durement ressentie.
Les pays riches réduisent la voilure
Selon un rapport produit par la fondation de la famille Kaiser et l'ONUSIDA, 8 des 14 principaux donneurs du fonds de lutte contre le sida et la tuberculose ont réduit leurs contributions entre 2016 et 2017. Dans le même temps, et après 2 années de réduction, la contribution globale de ces pays a augmenté entre 2016 et 2017. Toutefois, cette augmentation « était en grande partie due à un changement de calendrier du soutien des États-Unis et ne devrait pas durer », insistent les auteurs du rapport.
Alors que les pays les plus riches réduisent leurs dépenses, les 112 pays à revenus faibles ou intermédiaires ont augmenté leurs propres dépenses de 60 % entre 2006 et 2016, selon une autre présentation faite par Deepak Mattur, analyste stratégique spécialisé dans les questions de financement de la lutte contre le VIH travaillant pour le compte de l'ONUSIDA.
Les dépenses des pays à faibles revenus sont ainsi passées de 121 à 256 millions de dollars (de 103 à 218 millions d'euros). Dans les pays à revenus intermédiaires, la hausse est encore plus spectaculaire : de 231 à 980 millions de dollars (198 à 838 millions d'euros). Enfin, les pays à revenus intermédiaires les plus riches ont quant à eux augmenté leur contribution de 4,5 milliards de dollars entre 2006 et 2016, pour atteindre 6,9 milliards de dollars (soit 5,9 milliards d'euros).
L'augmentation des ressources domestiques consacrées à la lutte contre le sida est inégale : +132 % dans la région Pacifique, +57 % en Afrique du Sud et de l'Est, +33 % en Europe de l'Est et en Asie Centrale. L'étude montre aussi que ces dépenses ont une influence positive sur l'évolution du produit intérieur brut par habitant.
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