À l'occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, la société internationale sur le sida (IAS) a publié sa nouvelle stratégie de recherche dans « Nature Medicine ». Cette troisième version des recommandations de l'association, après celles de 2012 et 2016, est marquée par les dernières annonces de guérison fonctionnelle, avec ou sans greffe de moelle. Le dernier cas en date, baptisé « Patiente Esperanza », a été décrit en Argentine le 16 novembre dernier.
« Les cinq dernières années de recherche nous ont appris que la guérison du VIH est un but atteignable, affirme Adeeba Kamarulzaman, directrice du centre d'excellence pour la recherche contre le sida à l'université de Malaisie et actuelle présidente de l'IAS. Le cas récent de la patiente Esperanza ajoute une nouvelle dimension à notre compréhension des patients "supercontrôleurs". Le challenge est maintenant de déterminer comment l'élimination du virus se déroule chez ces contrôleurs d'élite, et de tenter de répliquer ce processus chez les autres patients. »
Trois approches thérapeutiques envisageables
Les 68 membres du groupe de travail assemblé par l'IAS ont identifié plusieurs axes de travail pour parvenir à ce but et venir à bout des réservoirs viraux. Ils dénombrent trois approches thérapeutiques envisageables : « Poke and Clear » (réveiller et détruire), « Block and Lock » (bloquer et verrouiller) et « Reduce and Control » (réduire et contrôler).
La première approche, « Poke and Clear », implique l'utilisation de traitements qui sortent le virus de son état de latence (Latency-Reversing Agents ou LRA) et le débusquent hors des cellules infectées pour être détruit. L'approche « Block and Lock » prend le pari inverse : plonger le virus dans un état de latence si profond qu'il n'en ressorte jamais. Enfin, la stratégie « Reduce and Control » consiste à réduire la taille du réservoir et à aider le système immunitaire à contrôler la réplication virale. Ces approches reposent sur la combinaison de plusieurs agents, dont des anticorps neutralisants à large spectre (bNAbs), des vaccins thérapeutiques et la thérapie génique.
Les axes de recherche proposés sont la compréhension du fonctionnement des réservoirs et leur évaluation. Les mécanismes de contrôle du virus par le système immunitaire doivent également être expérimentés, ainsi que le ciblage des provirus et des cellules infectées, et les thérapies cellulaires et génétiques.
Renforcer l'implication des patients
Selon l'IAS, d'importants efforts de coordination vont devoir être faits. Elle préconise de coordonner les investissements internationnaux sur les approches curatives les plus prometteuses, de renforcer la coopération internationale et l'approche multidisciplinaire pour assurer le développement de traitements abordables pour les pays touchés par l'épidémie. À ce titre, l'IAS juge important d'impliquer de jeunes chercheurs, notamment issus des pays les plus affectés par le VIH.
La collaboration public/privé et l'échange d'informations sont également un enjeu souligné par l'IAS, au même titre que la simplification des entraves logistiques et législatives à la sortie de nouveaux traitements. Enfin, il est proposé de renforcer l'implication des patients et de la population générale, et de mener des recherches sur les aspects psychologiques et éthiques des essais cliniques visant à la guérison.
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