Entre mai et novembre 2020, 4 % des Français de 15 ans et plus ont développé des anticorps contre le SARS-CoV-2, d'après le deuxième volet de l'enquête nationale Épidémiologie et Conditions de vie (EpiCov) menée par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) et l'Inserm.
Et en novembre 2020, 6,2 % de la population possédaient des anticorps, en France métropolitaine, chez les personnes de 15 ans ou plus hors Ehpad. « Cette séroprévalence est inférieure à la proportion de personnes ayant été contaminées par le virus depuis le début de l’épidémie, car les anticorps peuvent disparaître avec le temps chez les personnes infectées », est-il précisé. Au total, 8,5 % ont présenté des anticorps détectables en mai ou en novembre.
Les jeunes, plus touchés par la deuxième vague
Comme cela avait été observé lors de la première vague, une séroprévalence élevée est rapportée chez les personnes exerçant dans le domaine du soin, en particulier en milieu hospitalier (médecins, internes, cadres de santé, infirmiers et aides-soignants). « En revanche, certaines professions dont l’activité ne s’est pas interrompue et en contact avec du public telles que les pharmaciens, ceux qui travaillent dans un commerce essentiel ou bien les enseignants ne présentent pas une séroprévalence plus élevée que la moyenne », précisent les auteurs.
Les disparités régionales ont été mises en évidence. L'Île-de-France présente le niveau de séroprévalence le plus élevé, avec 11 % de ses habitants de 15 ans ou plus ayant des anticorps en novembre 2020, suivie par l’Auvergne-Rhône-Alpes (8,4 %), les Hauts-de-France (6,8 %) et le Grand Est (6,7 %). L'ouest de la France a été davantage épargné. La Réunion présentait une séroprévalence faible de 2 %.
Au cours de la période mai-novembre 2020, les adolescents et les jeunes adultes ont été plus touchés par le virus que les adultes d’âges intermédiaires : 10,1 % des 15 à 20 ans ont développé des anticorps contre 6,7 % des 30 à 49 ans et 4 % des plus de 64 ans.
Trois quarts des patients séropositifs ont rapporté au moins un symptôme
D'autres facteurs sont associés à un plus grand risque d'être infecté, comme le fait d'habiter dans une commune densément peuplée ou de vivre dans un quartier prioritaire de la politique de la ville. Autre constat : les immigrés d’origine non européenne et les descendants d’immigrés non européens présentent également des niveaux de séroprévalence significativement plus élevés que les autres personnes résidant en France, « sans que cela puisse être expliqué entièrement par leurs conditions de vie et de travail étudiées dans l’enquête », est-il noté.
L'enquête EpiCov a aussi porté sur les symptômes : près des trois quarts des personnes ayant des anticorps détectables en novembre ont déclaré avoir ressenti au moins un symptôme possiblement associé à la maladie (contre moins de la moitié des patients séronégatifs).
De plus, 45 % des personnes ayant présenté des symptômes évocateurs de la maladie avaient réalisé au moins un test de dépistage entre le début de l’épidémie et novembre 2020 contre 25 % pour les autres.
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