Comment limiter les contacts dans les entreprises ou les établissements scolaires pour freiner la propagation du SARS-CoV-2 ? Publiée dans « PLOS Computational Biology », une simulation explore l’impact de deux stratégies de présence sur site, dites de rotation et d’alternance (On-Off), sur la circulation virale dans une communauté.
Des chercheurs du CNRS, de l’Université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, de l’ENS de Lyon et d’Inria, en collaboration avec l’Institut Pasteur et l’Inserm, ont analysé le risque épidémique dans trois réseaux de contacts réels issus d'un lieu de travail, d'une école primaire et d'un lycée en France.
Un contrôle plus efficace avec une stratégie de rotation hebdomadaire
À partir d'un modèle de transmission dit stochastique intégrant les principales caractéristiques du SARS-CoV-2 (super-propagateurs, asymptomatiques infectieux et contagiosité pré-symptomatique), leur modélisation a exploré cinq stratégies de distanciel. Les deux premières stratégies dites « On-Off » alternent la présence de l'ensemble du groupe (élèves/travailleurs), tous les deux jours (On-Off journalier) ou toutes les deux semaines (On-Off hebdomadaire). Les deux suivantes dites de « rotation » consistent à répartir les individus en deux groupes qui alternent la présence par jour (rotation journalière) ou par semaine (rotation hebdomadaire). La dernière repose sur le télétravail à temps plein (scénario de référence).
« Nos résultats sont clairs », écrivent les auteurs. Quels que soient le réseau de contact sur lequel elles sont testées, le taux d’immunité (acquise ou naturelle) ou la transmissibilité des variants, les différentes stratégies peuvent être hiérarchisées de manière similaire, de la meilleure à la pire : distanciel complet, rotation hebdomadaire, rotation journalière, On-Off hebdomadaire et On-Off journalier.
« Les alternances hebdomadaires et quotidiennes sont très proches en termes de probabilité de foyer local et de délai avant foyer », relèvent les auteurs. Mais, à long terme, « l'alternance hebdomadaire est un peu meilleure que l'alternance quotidienne, à la fois pour les stratégies On-Off (15,6 contre 17,4) et pour les stratégies rotation (12,0 contre 12,4) ».
Des bénéfices similaires en dessous d'un certain taux de reproduction
Les résultats permettent également de définir un taux de reproduction en dessous duquel toutes les stratégies freinent efficacement l’épidémie (Rt < 1) : < 1,52 pour les écoles primaires, < 1,30 pour le lieu de travail et < 1,38 pour le lycée. En cas de circulation virale modérée, le choix entre les différentes stratégies pourra ainsi prendre en compte des considérations pratiques ou psychologiques, les stratégies On-Off pouvant être plus adaptées à l’enseignement, et la rotation à un collectif de travail.
« L'ingrédient principal différenciant la rotation du On-Off est la rupture des connexions entre les groupes », est-il noté. Par exemple, une stratégie de rotation quotidienne avec un calendrier permettant à chacun de rencontrer l’ensemble de ses collègues au moins une fois par semaine « génère des fuites d'isolement des sous-groupes et devrait donc limiter l'efficacité du contrôle », poursuivent les auteurs.
Le rôle joué par les cas asymptomatiques dans la transmission est également souligné. Dans les lycées, avec l’hypothèse d’un isolement systématique des cas symptomatiques que n’appliqueraient pas les cas asymptomatiques, « une grande partie des transmissions (56 %) sont dues à des cas asymptomatiques », est-il indiqué. En conséquence, « le respect imparfait des recommandations d'isolement (qui peuvent être plus réalistes) entraînerait un risque accru d'épidémie dans tous les contextes », lit-on encore.
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