Le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) s’élève ce mardi contre les conclusions du rapport « Aptitude et médecine du travail » du député socialiste de l’Isère Michel Issindou.
L’Ordre dénonce « une réelle méconnaissance de l’activité de terrain des médecins du travail, voire une vision caricaturale de leur rôle ». « Les médecins n’auraient pas une connaissance approfondie de l’état de santé et des conditions de travail des salariés. Le rapport va jusqu’à insinuer que les médecins du travail auraient des pratiques contraires à l’éthique et à la déontologie », s’offusque le CNOM.
Défense de la visite médicale
L’Ordre défend en particulier la pertinence médicale de la notion d’aptitude, que seuls les médecins peuvent déclarer. Il s’inquiète du remplacement de la visite médicale d’embauche par une simple visite d’information et de prévention, réalisée par un infirmier. « La visite médicale va bien au-delà d’une simple déclaration d’aptitude », dit l’Ordre.
L’instance ordinale ne voit pas non plus d’un bon œil la suppression de la notion d’aptitude avec réserves et des propositions d’aménagement. « Cela avait pourtant démontré son utilité en servant de levier pour conduire l’employeur à effectuer des modifications de postes. »
L’Ordre juge enfin que les propositions de ce rapport ne règlent pas les difficultés de la médecine du travail et vont même à l’encontre de l’intérêt des salariés. Il appelle le gouvernement à écouter les médecins de terrain et leurs représentants.
Le Sénat examine depuis lundi et jusqu’à vendredi le projet de loi sur le dialogue social traduisant certaines dispositions du rapport Issindou dans la loi (comme la définition des postes de sécurité et à risques.
L’Assemblée nationale a voté le texte le 2 juin.
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