Les initiations de traitement par sertraline (Zoloft, du laboratoire Viatris et génériques) doivent être limitées, eu égard aux tensions d’approvisionnement actuelles, indique l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Les médecins sont invités à préférer une autre molécule de la classe des ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine).
Ceci, sauf pour les femmes en période périnatale et la prise en charge des troubles obsessionnels compulsifs (TOC) de l’enfant et de l’adolescent. Deux populations vulnérables pour lesquelles les médecins peuvent continuer à initier des traitements par sertraline.
Pour rappel, la sertraline est un antidépresseur indiqué chez l’adulte dans : la dépression et la prévention des récidives de la dépression ; le trouble d’anxiété sociale ; le trouble de stress post-traumatique (TSPT) ; le trouble panique ; les troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Il est également indiqué chez l'enfant et l'adolescent âgé de 6 à 17 ans dans les troubles obsessionnels compulsifs (TOC).
Seule la fluoxétine dispose d’une autorisation de mise sur le marché pour le traitement de la dépression chez l’enfant de 8 ans et plus, et chez l’adolescent. Ces recommandations ont été élaborées en concertation avec le Conseil national professionnel de psychiatrie (CNPP), le Collège national des universitaires de psychiatrie (CNUP) et l’Association française de psychiatrie biologique et de neuropsychopharmacologie (AFPBN).
Retour à la normale fin mai 2025
Ces tensions s’expliquent « notamment par des problèmes temporaires de production rencontrés par les laboratoires concernés dans un contexte de consommation croissante depuis plusieurs années », indique l’ANSM. Un retour à la normale des approvisionnements en sertraline est envisagé d’ici la fin du mois de mai 2025, ce qui signifie que les patients devraient de nouveau accéder à leur traitement quelques semaines après.
Ces difficultés s'inscrivent dans un contexte plus large de pénuries de médicaments auxquelles les autorités sanitaires tentent de riposter depuis plusieurs années. La quétiapine, antipsychotique utilisé dans les troubles bipolaires et la schizophrénie, est aussi l’objet d’importantes pénuries en France, et les incertitudes persistent quant à la reprise de son approvisionnement.
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