COMMENCER la rééducation neurocognitive chez des sujets en coma végétatif, l’idée a de quoi surprendre. C’est pourtant ce que suggèrent les résultats d’une étude britannico-argentine en montrant que certains patients inconscients sont capables d’apprendre une réponse conditionnée. Plus encore, le Dr Tristan Bekinschtein et ses collaborateurs ont constaté que cette capacité d’apprendre était corrélée à un meilleur pronostic. Depuis qu’on sait que la réponse conditionnée de type pavlovienne nécessite un certain degré d’éveil au niveau temporal, il semble envisageable, en effet, d’évaluer l’état de conscience sans avoir recours à l’imagerie ni au comportement.
Cligner des yeux à un son.
Les chercheurs des universités de Buenos Aires et de Cambridge, de l’institut de neurologie cognitive de Buenos Aires ont montré que des sujets inconscients étaient capables d’intégrer une réponse conditionnée. Dans ce travail, il était question de faire du bruit et de souffler juste après de l’air sur les yeux du patient. Après quelques exercices d’entraînement, on a pu observer que les sujets clignaient des yeux avant même que l’air ne soit envoyé. Cet apprentissage spécifique nécessitait ainsi que le patient établisse une relation «consciente» entre les stimulus, le son et la pulvérisation d’air sur les yeux. À l’électromyogramme, il y avait d’ailleurs un tracé anticipatoire du clignement des yeux lors du son déclenchant. Ce type de réponse a été observé chez des sujets en état végétatif ou en état de conscience minimale. En revanche, cet apprentissage n’a pas été constaté chez les sujets contrôles sous anesthésie générale (propofol). Il existerait donc un état de conscience partielle dans le coma.
Pour expliquer leur troublant résultat, les chercheurs proposent deux hypothèses. La première interprétation, la plus probable, consiste à dire qu’il persiste un état de conscience partielle, qui ne peut pas s’exprimer ouvertement par la parole ou des mouvements intentionnels. La seconde serait la possibilité d’acquérir un conditionnement en l’absence de conscience. Corrélée à l’imagerie à l’atrophie cérébrale, la capacité d’apprentissage s’est révélée être également un bon indicateur d’évolution favorable dans l’étude. Comme le suggère le Dr Tristan Bekinschtein, « ce test est un outil simple qui pourrait être utilisé en pratique pour évaluer l’état de conscience sans recourir l’imagerie ». Prédictif d’une récupération future, ce critère permettrait d’affiner la classification des sujets dans le coma et mériterait d’être intégré à la batterie diagnostique.
Nature Neuroscience, édition avancée en ligne du 20 septembre 2009.
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