SERA-T-IL possible de gommer de sa mémoire un souvenir obsédant, comme on efface un tableau noir ? Ce pourrait être une libération pour certains sujets hantés par un événement angoissant depuis des années. Si ce scénario relève de la science-fiction pour encore, une équipe internationale permet d’espérer une approche inédite du stress post-traumatique. Un chercheur français, le Pr Bruno Bontempi au centre de neurosciences intégratives et cognitives au CNRS de Bordeaux, est coauteur de ce travail scientifique, dont les répercussions concernent à la fois la recherche fondamentale et clinique. L’équipe vient de montrer qu’un souvenir effrayant est encodé dans la mémoire par un réseau de neurones spécifiques. En ciblant cette population de neurones, il pourrait être possible d’effacer sélectivement les événements générant une émotion de peur.
Effacer un mauvais souvenir chez la souris.
Précédemment, l’équipe avait montré que certains neurones situés dans l’amygdale latérale surproduisent une protéine particulière, Creb, et sont activés quand on évoque un souvenir qui fait peur. Les autres neurones amygdaliens n’interviennent pas. Pour préciser le réseau neuronal impliqué, les chercheurs se sont servis d’une « construction génétique » particulière. À l’aide d’un vecteur viral, il s’agissait d’insérer dans le génome des neurones, une portion d’ADN codant pour plusieurs gènes : celui de la protéine Creb, celui d’une protéine fluorescente et celui d’une substance sensibilisant les neurones à une toxine, en l’occurrence la diphtérie. Une fois cet outil vectoriel créé, les chercheurs l’ont administré dans le cerveau de souris : la construction s’est intégrée parfaitement au fonctionnement de l’animal. Ce procédé très ingénieux permettait ainsi de repérer les neurones de l’amygdale activés lors d’un événement effrayant grâce à la molécule fluorescente et de les détruire sélectivement par l’injection de la toxine diphtérique. Dans l’expérience, le souvenir traumatisant pour les souris consistait à leur faire réentendre le son, qui avait été émis pour la première fois lors d’un choc électrique. « Last but not least », les chercheurs ont constaté que la destruction ciblée de ces neurones avait effacé le souvenir traumatisant : ici, les souris ne s’immobilisaient plus à l’écoute de ce son. De nombreuses années de recherche sont désormais nécessaires pour élaborer des thérapeutiques capables d’effacer de manière sélective certains souvenirs anxiogènes.
Science, volume323,1492-96 ; 13 mars2009.
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