En marge de la 15e journée internationale du sommeil du 27 mars, l’enquête de l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) associé à la MGEN dans le cadre de l’étude publique NutriNet-Santé confirme les liens forts qui existent entre troubles du sommeil et problèmes de nutrition. Ses résultats mettent notamment en exergue une interaction forte entre le sommeil et le métabolisme.
De janvier à juin 2014, plus de 49 000 « nutrinautes » inclus dans la vaste étude NutriNet-Santé ont répondu au questionnaire de l’enquête satellite « Sommeil et nutrition » menée par l’INSV et la MGEN. Leur temps de sommeil moyen estimé à 6h48 correspond à peu près à celui constaté en population générale (7h02) lors de la dernière enquête INSV 2013.
La répartition entre courts et longs dormeurs est également concordante : un tiers de Français dorment moins de 6 heures par nuit pendant la semaine. Le taux le plus élevé parmi ces derniers est observé chez les 35-55 ans (40,4 %) contre 27,3 % chez les 55-65 ans.
Des liens avérés
Déjà suggérés dans nombre de métaanalyses qui montraient une corrélation entre un IMC élevé et une courte durée de sommeil, les liens entre un trouble du sommeil et des perturbations du métabolisme énergétique ont été confirmés par l’enquête. Ils sont d’autant plus nets qu’ils apparaissent quelle que soit la caractéristique du sommeil étudié : réduction du temps de sommeil, insomnie, hypersomnolence ou syndrome d’apnées du sommeil.
L’analyse du temps de sommeil montre que, quel que soit le sexe, les obèses sont plus nombreux dans le groupe des petits dormeurs (6 h et moins par nuit) que parmi les longs dormeurs : 9,5 % vs 7,3 % chez les femmes et 10,4 vs 7,2 % chez les hommes. Par ailleurs, 10,4 % des femmes insomniaques sont obèses alors que seules 7,5 % des femmes non insomniaques souffrent d’obésité. À l’inverse, on observe que 27 % des femmes obèses sont considérées comme insomniaques alors qu’elles ne sont que 19 % chez les non-insomniaques. Ces différences vont dans le même sens chez les hommes, mais ne sont pas statistiquement significatives.
À la question de savoir si l’obésité est la cause de troubles du sommeil ou si c’est le mécanisme inverse qui se produit, le Pr Damien Léger, président de l’INSV, préfère évoquer un système fortement intriqué où les deux composantes influent mutuellement l’une sur l’autre : « La réduction de la qualité et/ou de la quantité du sommeil contribue à la constitution ou au maintien d’un excès de poids. L’obésité peut à son tour être à l’origine ou être un facteur aggravant de pathologies du sommeil. »
Hormones et comportement
Puisque nombre d’hormones suivent des rythmes circadiens et sont sécrétées pendant la nuit, ou davantage que le jour, il est logique qu’ « une diminution du temps de sommeil bouleverse le tempo physiologique des hormones impliquées à la fois dans la régulation du sommeil et dans le métabolisme énergétique », explique le Pr Léger. Une réduction du sommeil entraîne par exemple une augmentation des concentrations de ghréline qui stimule l’appétit au détriment de la leptine, hormone de la satiété sécrétée pendant que l’on dort. Des perturbations qui touchent également l’hormone de croissance qui régule la masse grasse et sur le cortisol dans l’augmentation trop précoce dans la journée a un impact su la faim, l’insulino-résistance et le développement d’une obésité abdominale.
Sous l’effet d’une réduction du temps de sommeil, le comportement alimentaire est également modifié. Lorsque l’on dort moins la nuit, on dispose de plus de temps à soi et l’on a tendance à grignoter devant la télévision ou dans sa chambre. De même, la fatigue qui résulte d’une mauvaise nuit intensifie le besoin de trouver de l’énergie et se traduit souvent par du grignotage et l’ingestion de sucreries. Enfin, cette fatigue et ces variations alimentaires s’accompagnent d’une tendance à moins bouger, donc de la mise en réserve des calories absorbées.
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