IL AURA FALLU l’arrivée de l’IRM fonctionnelle pour constater les répercussions sur le long terme des dégâts causés par une intoxication au plomb dans l’enfance. C’est une équipe de Cincinnati (États-Unis), Kim Cecil et coll., qui est parvenue à ce constat, présenté cette semaine au cours du Congrès de la Société Nord-américaine de radiologie (Chicago). Les médecins ont examiné de façon fonctionnelle le cerveau de 33 adultes (14 femmes et 19 hommes), de 21 ans en moyenne. Tous avaient fait partie d’une cohorte de surveillance d’enfants exposés au plomb dans les années 1979 à 1987.
Tous les participants avaient une plombémie allant de 5 à 37 µg/dl, avec une moyenne de 14. L’étude de leur dossier médial montrait un QI abaissé, des antécédents de délinquance, voire pour certains une arrestation. Ils ont dû réaliser deux types de taches au cours d’un examen d’IRM fonctionnelle.
La première visait à étudier les fonctions exécutives qui gouvernent l’attention, la prise de décision et l’impulsivité. Il apparaît que pour réaliser d’une tache nécessitant une inhibition, les participants devaient utiliser des régions supplémentaires au niveau des lobes frontaux et pariétaux. Ce qui laisse supposer que les zones requérant une inhibition sont endommagées par le plomb et qu’une compensation est nécessaire.
La seconde épreuve s’intéressait à l’attention. Ici, l’imagerie fonctionnelle a montré une moindre activation des diverses aires cérébrales, notamment pariétales. Selon Kim Cecil, la substance blanche qui se développe très tôt dans la vie s’adapte à l’exposition au plomb, alors que le lobe frontal, dernière zone à arriver à maturité, est victime du plomb pendant cette période.
IRM et placenta accreta.
L’IRM, encore elle, vient de montrer son acuité dans le diagnostic d’un placenta accreta, un dépistage où échoue l’échographie. Une anomalie d’implantation au cours de laquelle le placenta dépasse la muqueuse utérine pour coloniser le myomètre. Le risque hémorragique majeur à l’accouchement peut conduire au décès maternel per- ou post-partum. Reena Malhotra et coll (San Diego, Californie) ont enrôlé 108 femmes présentant des facteurs de risque de placenta accreta : cicatrice utérine, césarienne antérieure, plus de 35 ans. Sur les 71 patientes revues, l’IRM a détecté 90,1 % de ces implantations anormales, sans irradiation des patientes de surcroît. l’examen devrait donc être réalisé chez ces femmes enceintes à risque, pour une surveillance rapprochée.
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